Les pays riches profitent aussi des fonds de cohésion
L’Allemagne bénéficie largement de la politique régionale de l’UE qui vise les pays d'Europe centrale et orientale, grâce à l’augmentation des échanges commerciaux, peut-on lire dans une étude commandée par la Pologne. Les entreprises françaises en profiteraient également, selon ce rapport.
L’Allemagne bénéficie largement de la politique régionale de l’UE qui vise les pays d'Europe centrale et orientale, grâce à l’augmentation des échanges commerciaux, peut-on lire dans une étude commandée par la Pologne. Les entreprises françaises en profiteraient également, selon ce rapport.
La ministre polonaise du développement régional, El?bieta Bie?kowska, a présenté une étude qui sera publiée prochainement et pourrait mettre un terme aux différends entre les pays riches et les pays pauvres sur la question des fonds structurels.
Cette étude, réalisée sur deux années par l'Instytut Bada? Strukturalnych (Institut pour la recherche structurelle) et l'entreprise Raytech, révèle que la politique de cohésion en Europe centrale et orientale bénéficie également aux entreprises occidentales. Selon ce rapport, pour chaque euro investi par la France en faveur de la politique régionale en Pologne, en Hongrie, en Slovaquie ou en République tchèque, les exportations françaises augmentent de l'ordre de 20 centimes.
Pour l'Allemagne, les bénéfices sont encore plus importants : le pays a augmenté ses exportations à hauteur de deux fois ce qu'elle a dépensé pour les fonds structurels dans ces quatre pays.
Les entreprises françaises de construction tirent profit des projets cofinancés par l'UE. Entre 2004 et 2009, l'activité économique générée par la politique régionale dans les pays du groupe de Visegrad représentait 5 % des exportations du secteur français de la construction, révèle l'étude.
A couteaux tirés sur le budget
Les pays plus riches, dont les contributions au budget de l'UE sont plus importantes que l'argent qu'ils reçoivent en aides européennes, font pression pour empêcher toute augmentation du budget de l'Union après 2014. Les propositions de budget de la Commission européenne pour 2014-2020 pourraient donc être revues à la baisse. Le gouvernement français, qui favorise surtout les subventions agricoles, a déclaré qu'il était prêt à réduire les dépenses régionales.
Entre 2007 et 2013, les quatre pays d'Europe centrale devraient recevoir 130 milliards d'euros d'aides régionales, dont la moitié seront alloués à la Pologne. Il s'agit d'une somme d'argent importante pour ces pays qui souhaitent également montrer les bénéfices qu'en retirent les contributeurs nets au budget de l'UE.
Le début des négociations sur l'avenir des fonds de cohésion a été mouvementé, un analyste ayant affirmé que les négociateurs se comportaient comme si l'Union n'était pas en crise. La présidence danoise du Conseil de l'UE a décidé de ne pas se concentrer sur les discussions relatives au budget 2014-2020, laissant à son successeur, Chypre, le loisir de proposer des réformes dans ce domaine.
« Les régions plus riches ont également des besoins », a déclaré Mme Bie?kowska. Elle a ajouté qu'elle avait été surprise par la direction qu'avait prise le gouvernement danois.
Lorsque Varsovie a exercé la présidence tournante au second semestre de 2011, elle a tenté de « d'abord discuter des objectifs de la politique de cohésion » afin de pouvoir envisager un budget adéquat. Copenhague a fait le choix opposé, ce que Mme Bie?kowska qualifie de contradiction.