Les Tchèques remanient le gouvernement en vue de la présidence de l’UE [FR]

Le Premier ministre Mirek Topolanek a annoncé un remaniement du gouvernement deux semaines seulement avant que son pays ne prenne les rênes de la présidence de l’UE. Cette décision est prise dans un contexte de pressions de plus en plus fortes exercées par le parti social-démocrate de l'opposition qui demande qu'un accord sur le traité de Lisbonne soit conclu.

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Le Premier ministre Mirek Topolanek a annoncé un remaniement du gouvernement deux semaines seulement avant que son pays ne prenne les rênes de la présidence de l’UE. Cette décision est prise dans un contexte de pressions de plus en plus fortes exercées par le parti social-démocrate de l’opposition qui demande qu’un accord sur le traité de Lisbonne soit conclu.

Nous allons effectuer quelques changements dans le gouvernement, a indiqué M. Topolanek à l’agence de presse CTK mardi 16 décembre. 

L’annonce du Premier ministre survient alors que le parti social-démocrate tchèque de l’opposition (CSSD) exerce de plus en plus de pressions pour que le gouvernement se mette d’accord sur un programme de coalition en vue de la présidence de l’UE qui débute le 1er janvier pour une durée de 6 mois. 

Le parti civique démocrate au pouvoir, dirigé par M. Topolanek, a été affaibli par les récentes élections régionales. Il a en effet perdu toutes les13 régions qui se sont ralliées à l’opposition (EURACTIV 20/10/08). Le CSSD et les communistes détiennent actuellement 97 des 200 sièges de la Chambre basse du Parlement, alors que l’ODS de M. Topolanek n’en détient que 96. Les 7 sièges restants sont occupés par des responsables politiques indépendants. 

Jiri Paroubek, président du CSSD, a indiqué qu’il souhaite un accord de coopération avec la coalition au pouvoir lorsque la République tchèque sera à la tête de l’UE. Une ratification rapide du traité de Lisbonne est un élément essentiel d’un tel accord, a-t-il en outre indiqué.

Le traité devrait être ratifié lors de la première session de la Chambre des députés l’année prochaine, a indiqué M. Paroubek, selon CTK. Il est important selon lui de conclure un accord pour garantir que la présidence tchèque de l’UE soit couronnée de succès, et après seulement il sera possible d’examiner d’autres questions. 

Mais M. Topolanek n’est pas intéressé à satisfaire l’opposition. Le président du Sénat Premysl Sobotka, un membre de l’ODS, a indiqué qu’il mettrait en lien la ratification du traité de Lisbonne par la Chambre haute du Parlement avec l’adoption d’une base de radar américaine près de Prague, mesure faisant partie du système de défense anti-missile. La Chambre basse doit encore approuver le traité qui autorise les Etats-Unis d’implanter le système de radar. 

« Pour nous, la question est le radar et le traité de Lisbonne », a souligné M. Sobotka, ajoutant que le Sénat pourrait ouvrir un débat sur le traité de l’UE mi février au plus tôt. 

En effet, M. Topolanek doit également faire attention de ne pas mécontenter son propre parti en accordant trop de concessions aux socialistes. Le Premier ministre tchèque a récemment survécu à une bataille pour le leadership qui s’est déroulée au sein de son propre parti, gagnant de justesse contre l’aile de l’ODS s’opposant au traité de Lisbonne (EURACTIV 9/12/08).

L’ODS a été miné par des divisions internes sur le traité de Lisbonne au cours des derniers mois, très certainement en raison des actions très en vue du président tchèque Vaclav Klaus, qui est également à la tête du parti (EURACTIV 13/11/08). M. Klaus s’oppose ouvertement au traité, ne suivant pas la position officielle de son parti. 

La coalition au sein du gouvernement actuel est conduite par le parti civique démocrate et implique également les chrétiens démocrates (KDU-CSL) et les verts (SZ).