L'Expresso : Après Munich, les Européens sonnés par les Américains mais toujours mobilisés pour l'Ukraine

À la Une : après Munich, les Européens sonnés par les Américains mais toujours mobilisés pour l'Ukraine, le président tchèque soutient un renforcement du « pilier européen » de l’OTAN, la Russie fustige le président italien pour sa comparaison avec l’Allemagne nazie.

Template L’Expresso
Template L'Expresso

Tous les matins, L’Expresso décrypte pour vous l’info à travers l’Europe.


À LA UNE

Chers lecteurs et chères lectrices de l’Expresso,

S’il est encore trop tôt pour savoir si l’Europe a perdu le premier volet de la bataille des négociations de paix pour l’Ukraine, ou davantage, la Conférence de Munich sur la sécurité, qui s’est clôturée hier, pourrait bien s’apparenter à un camouflet pour l’UE.

En l’espace de quelques jours, les signaux envoyés par les États-Unis, d’un échange téléphonique en catimini entre Donald Trump et Vladimir Poutine au discours du vice-président américain J.D. Vance évoquant à peine la guerre en Ukraine, ont pris de court la diplomatie européenne, l’abandonnant avec le sentiment amer d’être mise de côté.

C’est peu dire que les trois jours dans la capitale bavaroise n’ont pas franchement eu de quoi rassurer les Européens. Confrontés à une nouvelle réalité de la relation transatlantique, les dirigeants du continent ont convoqué une série de réunions de crise, et doivent se rassembler aujourd’hui à l’Élysée.

Au menu des discussions : l’Ukraine, bien entendu, mais aussi plus largement la sécurité européenne alors que le président ukrainien  Volodymyr Zelensky a plaidé, samedi à Munich, pour la création de « forces armées de l’Europe » face aux menaces de désengagement des États-Unis.

Ces échanges précèdent une tournée diplomatique de l’envoyé de Donald Trump pour l’Ukraine et la Russie, Keith Kellogg, en Ukraine et dans tous les pays de l’OTAN. À Munich, il a clairement annoncé que l’Europe ne serait pas incluse dans le processus de paix.

De leur côté, les ministres des Affaires étrangères du G7 ont soutenu qu’ils s’efforceraient « d’obtenir un accord de paix pour l’Ukraine » avec « de solides garanties de sécurité ».

Merci à tous et à toutes pour votre fidélité, bonne lecture !

Pour nous partager une information, un commentaire ou simplement nous dire bonjour, écrivez-nous sur X ou à team@euractiv.fr.

Sarah N’tsia
Éditrice de l’Expresso


L’Expresso d’aujourd’hui est sponsorisé par Meta
Comptes Ados d’Instagram, protections intégrées. Les Comptes Ados d’Instagram filtrent automatiquement le contenu et les commentaires pour aider à s’assurer que ce que les ados voient est adapté à leur âge. En savoir plus.


LES CAPITALES

PRAGUE

Le président tchèque soutient un renforcement du « pilier européen » de l’OTAN. Le président tchèque, Petr Pavel, ancien président du Comité militaire de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), estime que l’Europe devrait négocier avec les États-Unis pour développer davantage le pilier européen de l’OTAN, qui servirait ainsi des « opérations purement européennes ». Par Aneta Zachová.

ROME

La Russie fustige le président italien pour sa comparaison avec l’Allemagne nazie. Les tensions entre l’Italie et la Russie montent d’un cran. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a condamné la comparaison faite par le président italien Sergio Mattarella entre les actions de la Russie en Ukraine et celles de l’Allemagne nazie, provoquant un soutien unanime de la classe politique italienne. Par Alessia Peretti.

BUCAREST

Après le discours de J.D. Vance à Munich, la classe politique roumaine réagit en ordre dispersé. Les responsables politiques roumains ont réagi de manière diverse aux remarques du vice-président américain, J.D.Vance, lors de la Conférence sur la sécurité de Munich, concernant l’annulation des élections présidentielles. Par Catalina Mihai.

VARSOVIE 

Pour le candidat du PiS à la présidentielle polonaise, l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN et à l’UE n’est pas envisageable. Karol Nawrocki, la tête de liste du parti d’opposition Droit et Justice (PiS, Conservateurs et Réformistes européens) à la présidence polonaise, a indiqué qu’il partageait l’avis du président américain Donald Trump selon lequel l’Ukraine ne devrait pas adhérer à l’OTAN dans un avenir proche. Par Aleksandra Krzysztoszek.

BERLIN

L’Allemagne adopte une loi « historique » contre les violences domestiques, sexistes et sexuelles. Berlin a adopté sa première loi fédérale pour lutter contre les violences sexistes et domestiques, même s’il faudra encore sept ans avant qu’elle soit pleinement mise en œuvre. La loi introduit le droit à une protection et à des conseils gratuits, à compter de janvier 2032. Par Jeremias Lin.

Pacte pour une industrie propre : l’Allemagne demande plus de subventions et moins de bureaucratie. Selon un document consulté par Euractiv, l’Allemagne devrait appeler, lors des négociations sur le prochain « Pacte pour une industrie propre » de l’UE, à la déréglementation et à un assouplissement des règles en matière d’aides d’État. Par Nicoletta Ionta, Nikolaus J. Kurmayer et Thomas Moller-Nielsen.


L’ACTU DES INSTITUTIONS EUROPÉENNES

L’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN n’a jamais été garantie dans l’accord de paix, selon Mark Rutte. L’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN n’a jamais été promise dans le cadre d’un éventuel accord de paix, a déclaré le secrétaire général de l’Alliance Mark Rutte il y a quelques jours, semblant se ranger du côté de la volonté de la nouvelle administration américaine, au grand dam d’Ursula von der Leyen. Par Alexandra Brzozowski et Aurélie Pugnet.

Emmanuel Macron soutient l’appel de Donald Trump à renforcer la défense européenne. L’insistance de Donald Trump pour que l’Europe assume une plus grande part du fardeau de sa propre défense est une opportunité, estime Emmanuel Macron, alors que la France fait pression pour une approche européenne dans les plans de l’UE en matière d’industrie de la défense. Par Darius Kölsch.

Le projet de la Commission de fusionner la PAC et le Fonds de cohésion ne fait pas l’unanimité. Les eurodéputés de la commission parlementaire de l’Agriculture et du Développement rural (AGRI) et le Comité des régions se sont opposés au projet de budget pluriannuel de l’UE, qui prévoit de fusionner la PAC et les Fonds de cohésion en un fonds unique géré au niveau national. Par Valentin Friedl.

[Éditions par Sarah N’tsia & traductions par Marine Béguin]