Nicolas Sarkozy appelle à une “nouvelle entente franco-britannique”
Les deux chambres britanniques ont écouté, mercredi 26 mars à Londres, un Nicolas Sarkozy vantant plus que jamais la nécessité d’une “entente amicale” entre la France et la Grande-Bretagne, pour servir l’Union européenne.
Les deux chambres britanniques ont écouté, mercredi 26 mars à Londres, un Nicolas Sarkozy vantant plus que jamais la nécessité d’une “entente amicale” entre la France et la Grande-Bretagne, pour servir l’Union européenne.
De Guillaume le Conquérant à l’Entente cordiale, en passant par la référence au sang anglais versé pour la France au cours des deux guerres mondiales, Nicolas Sarkozy n’a pas ménagé ses effets pour œuvrer au rapprochement franco-britannique, mercredi 26 mars à Londres, au cours d’un discours devant les chambres des Communes et des Lords réunies. Comme un leitmotiv, il a appelé, tout au long de son discours, ses “amis anglais” à une “nouvelle entente entre Français et Britanniques” et à dépasser la traditionnelle « entente cordiale » au profit d’une “entente amicale”.
Le chef de l’État a multiplié les formules telles que “Ensemble, nous sommes plus forts” ou bien “Jamais nos deux pays n’ont été aussi proches”.
Alors que la construction européenne divise largement la classe politique et l’opinion Outre-Manche, le président français a consacré près de la moitié de son discours à présenter sa vision de l’Europe. “Nous ne pouvons pas construire l’Europe sans le Royaume-Uni”, a-t-il martelé, provoquant les applaudissements nourris de l’assemblée.
« Nous avons besoin de vous à l’intérieur de l’Europe, pas à l’extérieur », a-t-il poursuivi.
Dépasser l’axe franco-allemand
Le chef de l’État s’est également efforcé de démontrer l’importance de l’entente entre Français et Britanniques, en n’hésitant pas à la comparer à l’axe franco-allemand. “Le moteur franco-allemand est indispensable, mais il n’est pas suffisant”, a lancé M. Sarkozy. “Nous avons besoin de cette nouvelle entente franco-britannique.”
Il a invité en outre les Britanniques à regarder au-delà du traité de Lisbonne, en appelant les parlementaires à consacrer toute leur énergie “à des projets concrets”. Et le chef de l’État d’énoncer une à une les priorités de la présidence française : lutte contre le changement climatique, immigration, sécurité, défense…
Pacte européen pour l’immigration
Quelques heures plus tôt, dans un entretien à la radio BBC, Nicolas Sarkozy avait annoncé que le pacte européen pour l’immigration commun aux Vingt-Sept serait “la première priorité de la présidence française de l’UE”. Par ailleurs, devant les parlementaires britanniques, il a également évoqué la nécessité d’un “débat apaisé et constructif” autour de la politique agricole commune.
Enfin, abordant les questions de sécurité, Nicolas Sarkozy a affirmé à la fois “la nécessité de l’OTAN” et celle d’une défense européenne. “Si l’Europe veut être digne de ce nom, elle doit être capable d’assurer la sécurité”, a-t-il plaidé.
Avant de conclure, le chef de l’État a brièvement évoqué la réforme des institutions internationales comme le FMI ou le G8, sujets sur lesquels il était pourtant particulièrement attendu à l’occasion de cette allocution devant les parlementaires britanniques.
A presque trois mois du début de la Présidence française de l’UE, Nicolas Sarkozy, dont la cote de popularité ne cesse de chuter dans l’opinion française, semble vouloir travailler son image de chef d’un État qui prendra la tête du Conseil de l’Union. Opération réussie, à en croire les applaudissements nourris des parlementaires britanniques debouts, à la fin de l’allocution présidentielle.