Nicolas Sarkozy rencontre la nouvelle Pologne de Donald Tusk

Le nouveau premier ministre polonais, Donald Tusk, était en visite à Paris, mercredi 12 décembre, où il a rencontré Nicolas Sarkozy. Le dirigeant polonais souhaite renouer de bonnes relations avec la France et remettre, lui aussi, son pays au cœur de l’Europe.

Le nouveau premier ministre polonais, Donald Tusk, était en visite à Paris, mercredi 12 décembre, où il a rencontré Nicolas Sarkozy. Le dirigeant polonais souhaite renouer de bonnes relations avec la France et remettre, lui aussi, son pays au cœur de l’Europe.

En bref  :

Jaroslaw Kaczynski ne sera resté premier ministre que deux ans, mais ses positions teintées de nationalisme ont fortement dégradé les relations de la Pologne avec ses voisins européens.

Le plus européen d’Europe

Porté au pouvoir par les élections législatives anticipées d’octobre dernier, Donald Tusk, un libéral appartenant au parti Plateforme civique (PO), souhaite redonner à la Pologne sa place en Europe. Après un voyage à Berlin et à Moscou, il s’est rendu à Paris pour rencontrer Nicolas Sarkozy.

Dans une interview accordée au « Monde », il a fait part de sa volonté de voir Varsovie ratifier le traité de Lisbonne en premier. Il souhaite également que son pays ne soit plus considéré comme le trouble fête de l’Europe, mais plutôt comme « le plus européen en Europe », rappelant qu’il n’y a pas « d’autre pays dans l’Union où l’opinion publique se dit à plus de 80% favorable à l’Europe ».

Donald Tusk aurait voulu que son pays signe la Charte des Droits fondamentaux, mais l’opposition du président Lech Kaczynski l’en a empêché. Cependant, le nouvel homme fort de Varsovie s’est engagé à la respecter.

Fin de veto

La Pologne vient aussi de lever son veto dans plusieurs dossiers européens.

Tout d’abord celui concernant l’adoption d’une journée européenne contre la peine de mort.

Ce devrait être également prochainement le cas dans le dossier sensible des négociations énergétiques entre l’UE et la Russie. Après une visite de Donald Tusk à Moscou, le Kremlin a levé l’embargo russe sur la viande polonaise mercredi 12 décembre. « Nous pouvons parler d’un premier pas très important qui est plus qu’un simple geste », a déclaré Donald Tusk à l’issue d’un entretien avec le président français Nicolas Sarkozy.

« J’apprécie les efforts qui ont été faits par les Russes (…) car ils représentent un bon espoir que Varsovie et Moscou puissent reconstruire de meilleures relations », a-t-il ajouté. « Ce n’est qu’un premier pas (…) On a pu observer un progrès très net (…) Tout ça va dans le bon sens et je n’exclus pas que nous puissions bientôt lever notre veto. »

Le premier ministre polonais espère aussi que son pays pourra adopter l’euro « dès que possible », mais a préféré ne pas avancer de date.

Axe Paris-Berlin-Varsovie

Entre l’Allemagne et la Pologne, l’atmosphère est également à l’apaisement. Durant les deux années de gouvernance des Kaczynski, la  « germanophobie » a été très forte. Mardi 11 décembre, Donald Tusk a rencontré à Berlin la chancelière allemande Angela Merkel, et a multiplié les gestes de détente.

Le nouveau premier ministre a enfin indiqué qu’il souhaitait voir se relancer le « triangle de Weimar ». Ce terme désigne un cadre informel de coopération entre la France, l’Allemagne et la Pologne. Il a été mis en place au lendemain de la chute du mur de Berlin et avait été boudé par les frères Kaczynski.