Nouveau coup dur pour l’Espagne et l’UE en Amérique latine

Le président de gauche de la Bolivie, Evo Morales, a nationalisé hier (1er mai) la branche locale de l’entreprise espagnole Red Electrica. La tension monte et dans le même temps, une bombe a explosé devant les bureaux de l’UE en Argentine, un pays qui a également pris le contrôle d’une entreprise espagnole, Repsol.

EURACTIV.com
Evo-Morales.jpg
Evo-Morales.jpg

Le président de gauche de la Bolivie, Evo Morales, a nationalisé hier (1er mai) la branche locale de l’entreprise espagnole Red Electrica. La tension monte et dans le même temps, une bombe a explosé devant les bureaux de l’UE en Argentine, un pays qui a également pris le contrôle d’une entreprise espagnole, Repsol.

M. Morales a ordonné à l'armée de prendre le contrôle du siège social de l'entreprise de distribution d'électricité TDE, situé à Cochabamba.

Le président a déclaré que la nationalisation de TDE résultait du manque d'investissement de l'entreprise en Bolivie.

« En l'honneur du peuple bolivien qui a lutté pour récupérer nos ressources naturelles et nos services de base, nous avons décidé de nationaliser la Transportadora de Electricidad (TDE) », a-t-il déclaré lors de son discours officiel du 1er mai, la journée internationale des travailleurs.

« La Bolivie a toujours besoin de partenaires, mais pas de propriétaires », a-t-il expliqué après avoir ordonné à l'armée de prendre possession des locaux de TDE. Les chaînes de télévision locales montraient des images de soldats contrôlant les allées et venues dans le siège social de l'entreprise.

TDE gère 1 900 kilomètres de lignes électriques en Bolivie. Red Electrica détient indirectement 99,9 % de l'entreprise, qui a enregistré 12,5 millions d'euros de bénéfices nets l'année dernière, ce qui représente moins de 3 % des bénéfices nets de Red Electrica en 2011.

Les représentants de Red Electrica n'étaient pas disponibles pour commenter la situation, mais une source du gouvernement espagnol citée par Reuters aurait déclaré que les autorités sont en contact avec La Paz pour discuter des aspects techniques et diplomatiques de cette nationalisation.

Cette nouvelle est tombée deux semaines après que l'Argentine a dévoilé son projet de prendre le contrôle de la première compagnie pétrolière du pays, YPF, pour les mêmes raisons. Cette entreprise était majoritairement détenue par le groupe Repsol basé à Madrid.

Attaque à la bombe devant les bureaux de l'UE à Buenos Aires

Une bombe a explosé hier (1er mai) devant les bureaux de l'Union européenne à Buenos Aires, signe que les tensions ne font que s'intensifier.

L'explosion a eu lieu entre 02:45 et 03:00 (heure locale) et a endommagé un garage mitoyen, ont annoncé les médias locaux.

Les tensions entre l'Argentine et l'UE se sont intensifiées quand Bruxelles a apporté son soutien à l’Espagne dans l’affaire de l'expropriation. L'Argentine s'est emparée des avoirs de l'Espagne au motif que l'énergie est une « ressource vitale ».

Jeudi dernier, le ministère argentin des affaires étrangères a qualifié d'« excessive » la réaction de l'UE face à cette expropriation.

Le pays devrait obtenir jeudi ou vendredi l'approbation du projet de loi autorisant le gouvernement à prendre le contrôle d'YPF.