Politique de l’énergie : l’UE doit tout changer, selon les Verts

A une semaine du Conseil européen sur l’énergie du 4 février, le groupe des Verts/ALE au Parlement européen a présenté un rapport qui envisage une réduction des gaz à effet de serre de 91% d’ici 2050.

EURACTIV.fr

A une semaine du Conseil européen sur l’énergie du 4 février, le groupe des Verts/ALE au Parlement européen a présenté un rapport qui envisage une réduction des gaz à effet de serre de 91% d’ici 2050.

En finir avec une vision traditionnelle. Dans le projet de conclusions du Conseil européen énergie du 4 février, « au lieu de parler de renouvelables, d’économie d’énergie, les chefs d’État parlent plutôt d’infrastructures, d’importations », s’inquiète le député Yannick Jadot (Europe écologie).

Le groupe du Parlement européen Verts/ALE a présenté, jeudi 26 janvier, un rapport du centre de recherche allemand Oko Institute sur leur vision du futur de l’énergie en Europe. Les élus veulent que les chefs d’État tiennent compte de ce rapport dans leurs décisions. « Nous arrivons au moment déterminant pour le climat et le futur énergétique de l’Europe. Les dix prochaines années seront décisives pour déterminer à la fois l’avenir à long terme du secteur énergétique et de la fourniture de nos besoins. Elles permettront aussi de  savoir si l’Europe peut atteindre ses objectifs climatiques  », expliquent les Verts.

Même s’il sait qu’il sera dur de convaincre les États, le groupe parlementaire soutient la mise en place de mesures contraignantes pour atteindre 20% de réduction de consommation d’énergie, 30% de réduction de gaz à effet de serre et une plus grande part du renouvelable dans les énergies utilisées.

Et le scénario envisagé par le rapport est encore plus ambitieux que celui imaginé par la Commission. Ainsi, il envisage une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 91% d’ici 2050, contre 38% pour la référence. Les énergies renouvelables devraient représenter environ 94% de la production électrique d’ici 40 ans avec un abandon du nucléaire, contre 46% dans le scénario de référence. Le développement de ces énergies est une des priorités du groupe parlementaire.

 

Accent sur les bâtiments

Pour attendre ces objectifs ambitieux, les Verts/ALE soulignent l’importance des économies d’énergie. « Il faut changer de modèle, ne pas vivre avec beaucoup d’énergie mais avec une bonne efficacité énergétique », précise M. Jadot.

Les Verts ciblent particulièrement les bâtiments, qui devraient être plus économes. Ils représentent 40% de consommation d’énergie. « Ce sont de vraies passoires énergétiques, il faut s’y attaquer », précise le député européen. « On voudrait que les chefs d’État, au lieu de dire qu’ils n’arriveront pas à atteindre les objectifs d’économie d’énergie, demandent à la Commission de faire des propositions pour l’efficacité énergétique des bâtiments », explique-t-il.

De nombreuses mesures doivent également être prises pour atteindre les objectifs de réduction de gaz à effet de serre, en particulier dans les processus industriels et l’agriculture, rapporte le document.

Des économies considérables

Le changement de système énergétique donnerait aussi à l’Europe une plus grande indépendance énergétique. Il permettrait aussi « de réaliser d’importantes économies », explique Yannick Jadot. Ainsi, selon le rapport, si l’Europe continue sur sa lancée, l’importation de pétrole, de gaz naturel, de charbon et de combustibles nucléaires représentera environ 125 milliards d’euros par an en 2020 et 435 milliards en 2050.

Le document n’a pas encore été transmis aux États membres. Il devrait être envoyé dans les prochains jours à leurs représentations à Bruxelles.