Emmanuel Macron et Friedrich Merz prônent un « réalignement » des politiques énergétiques française et allemande
Emmanuel Macron et le nouveau chancelier allemand Friedrich Merz ont promis mercredi 7 mai un « réalignement » des politiques énergétiques française et allemande afin de réduire les coûts énergétiques et de garantir la sécurité de l'approvisionnement.
PARIS – Emmanuel Macron et le nouveau chancelier allemand Friedrich Merz ont promis mercredi 7 mai un « réalignement » des politiques énergétiques française et allemande afin de réduire les coûts énergétiques et de garantir la sécurité de l’approvisionnement.
Ce réalignement s’appuiera sur « la neutralité climatique, la compétitivité et la souveraineté », ont écrit Emmanuel Macron et Friedrich Merz dans une tribune commune publiée dans Le Figaro.
Tous deux soutiennent le principe de neutralité technologique. Bien qu’ils ne mentionnent pas explicitement l’énergie nucléaire dans leur tribune, ils établissent un lien entre ce principe et la garantie d’un « traitement non discriminatoire de toutes les énergies bas carbone au sein de l’Union européenne ».
L’énergie nucléaire est non renouvelable, mais il s’agit d’une source d’énergie bas carbone. Ce statut lui confère un rôle clé dans les stratégies de décarbonation de certains pays, notamment la France, qui plaide pour son inclusion dans les politiques énergétiques de l’UE au même titre que les renouvelables.
Depuis des années, la France, favorable au nucléaire, et l’Allemagne, qui y est opposée, s’affrontent sur les décisions clés de la politique énergétique de l’UE et les négociations législatives à Bruxelles.
« Pour assurer notre souveraineté énergétique dans le respect des choix nationaux, nous appelons à mettre fin à toutes les discriminations au niveau européen à l’égard des énergies bas carbone, nucléaires comme renouvelables », a déclaré Emmanuel Macron mercredi lors d’une conférence de presse conjointe avec le chancelier allemand, qui était en visite à Paris au lendemain de son élection mouvementée.
« Nous voulons une vision d’ensemble des marchés énergétiques et un investissement au niveau européen dans nos réseaux et infrastructures transfrontalières », a ajouté le chef de l’État français.
Dans leur tribune pour Le Figaro, Emmanuel Macron et Friedrich Merz précisent que la neutralité technologique implique d’adopter une « approche pragmatique » à l’égard de l’hydrogène bas carbone, qui peut être produit à partir de l’énergie nucléaire ou de combustibles fossiles associés à des technologies de captage et de stockage du carbone.
Ils soulignent également que le gaz naturel « peut constituer une énergie de transition pour les États membres de l’UE qui en auraient besoin » – un argument qui va dans le sens du projet du nouveau chancelier visant à soutenir la construction de nouvelles centrales électriques au gaz d’une capacité totale de 20 gigawatts.
Friedrich Merz était à Paris pour relancer le réflexe franco-allemand et définir les priorités communes des deux pays. Après sa visite en France, il s’est rendu à Varsovie.
*Jasper Steinlein et Nick Alipour ont contribué à la rédaction de cet article depuis Berlin.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]