Pologne : la coalition au pouvoir en désaccord sur un candidat commun pour les élections présidentielles de 2025

Alors que les principaux partis polonais se préparent à annoncer leurs candidats aux élections présidentielles de l’année prochaine, les chances de voir émerger une personnalité de la coalition au pouvoir diminuent.

EURACTIV Pologne
President Of Poland And Prime Minister Of Lithuania Visit Kyiv On Independence Day Of Ukraine
Andrzej Duda, président de la Pologne, s'exprime lors d'un briefing conjoint sur le 33e anniversaire de l'indépendance de l'Ukraine, le 24 août 2024 à Kiev, en Ukraine. [Oleksandr Gusev/Global Images Ukraine via Getty Images]

Alors que les principaux partis polonais se préparent à annoncer leurs candidats aux élections présidentielles de l’année prochaine, les chances de voir émerger une personnalité de la coalition au pouvoir diminuent.

En vertu de la constitution polonaise, le président conservateur sortant Andrzej Duda, désigné en 2015 et 2020 par le parti conservateur PiS (Conservateurs et Réformistes européens), actuellement dans l’opposition, ne peut pas briguer un troisième mandat. Cette situation ouvre donc la voie à la coalition au pouvoir (Parti populaire européen/Socialistes et Démocrates européens/Renew), dirigée par le Premier ministre Donald Tusk, pour enfin connaître « son » chef d’État.

Cela faciliterait l’adoption de lois, car, en présence d’Andrzej Duda, le gouvernement peut actuellement se faire opposer le veto du président à tout projet de loi, qu’il accuse d’être fidèle à son ancien parti.

La coalition ne parvient toutefois pas à se mettre d’accord sur un candidat commun, chaque parti souhaitant avoir le sien.

La Coalition civique de Donald Tusk (KO, PPE) organisera une primaire entre le maire de Varsovie, Rafał Trzaskowski, et l’actuel ministre des Affaires étrangères, Radosław Sikorski. Rafał Trzaskowski a récemment révélé qu’il était à l’origine de cette primaire. Le candidat du parti sera officiellement annoncé le 7 décembre.

Alors que le candidat de la Coalition civique a les meilleures chances d’accéder au second tour des élections présidentielles en 2025, qui se tiendra si aucun candidat ne remporte 50 % des voix, Szymon Hołownia, le président du parlement et chef du parti centriste Pologne 2050 (Renew), a annoncé mercredi 13 novembre qu’il avait également l’intention de présenter sa candidature.

Selon lui, les Polonais méritent « une économie plus forte, une sécurité intelligente et la fierté de la force que représente aujourd’hui la Pologne dans le monde et en Europe ». Ancien militant catholique et présentateur de télévision de divertissement, Szymon Hołownia s’était déjà présenté à la présidence en 2020, sans atteindre le second tour.

Sa décision a quelque peu surpris son plus proche partenaire de coalition, le ministre de la Défense Władysław Kosiniak-Kamysz, dont le Parti populaire polonais (PSL, PPE) est allié à Poland 2050 au sein de la coalition politique démocrate-chrétienne de la Troisième voie.

Władysław Kosiniak-Kamysz pense tout de même qu’il y a encore de l’espoir pour un candidat commun issu de la coalition au pouvoir, selon ses déclarations après avoir rencontré le secrétaire général de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), Mark Rutte, mercredi.

« Quoi qu’il en soit, je considère Szymon Hołownia comme un bon candidat », a-t-il appuyé.

« La décision de Szymon Hołownia de se présenter devrait être acceptée avec tout le respect et l’appréciation pour son courage et sa détermination », a-t-il encore ajouté.

Le parti de la Nouvelle Gauche, dernier parti de la coalition, devrait également désigner son propre candidat, peut-être une femme, comme l’a confirmé Damian Syjczak, le chef du bureau du ministre des Sciences Dariusz Wieczorek.

Le parti d’opposition d’extrême droite Confédération (Patriotes pour l’Europe/Europe des nations souveraines) a annoncé il y a plusieurs mois que son candidat serait le codirigeant du parti, Sławomir Mentzen, qui a déjà lancé sa campagne, même si la date de l’élection n’a pas encore été fixée.

Le PiS, quant à lui, annoncera son candidat dès ce mois-ci. Le parti recherche un candidat aussi populaire auprès de la société qu’Andrzej Duda.

Selon les médias et les sources du parti, les noms les plus probables sont ceux de l’ancien directeur de l’Institut national du souvenir, Karol Nawrocki, et de l’ancien ministre de l’Éducation, Przemysław Czarnek.