Pour une réorganisation des services d'interprétation au sein de l'UE [FR]

Dans un entretien accordé à EURACTIV, le député européen Alexander Stubb fait part de ses propositions pour réduire les coûts d'interprétation au sein des institutions communautaires.

Dans un entretien accordé à EURACTIV, le député européen Alexander Stubb fait part de ses propositions pour réduire les coûts d’interprétation au sein des institutions communautaires.

Le député européen finlandais, Alexander Stubb (PPE-DE) a décidé d’agir face aux millions d’euros gaspillés chaque année en interprétation. Ce gaspillage est essentiellement du au fait que certains officiels annulent à la dernière minute des réunions ou n’assistent pas aux séances prévues. Son rapport a été adopté lors de la dernière séance plenière du Parlement européen à Strasbourg.

Ce problème semblant être notamment du à une mauvaise communication, Alexander Stubb estime que « le Parlement, la Commission et le Conseil devraient mettre en place un ratio du nombre d’interprètes permanents par rapport aux interprètes indépendants pour chaque langue.

« Je propose que le Conseil et la Commission renforcent leur coopération inter-institutionnelle en procédant, par exemple, à un échange d’interprètes et en créant des équipes d’interprètes provenant des deux institutions afin de permettre une utilisation efficace des interprètes disponibles, ce qui permettrait de répondre aux besoins réels. »

Selon M. Stubb, l’utilisation des « interprètes locaux » devrait être simplifiée car la disparité des coûts d’interprétation entre le Parlement et la Commission étant due au fait que le Parlement n’a quasiment pas recours à des interprètes locaux pour les séances plénières à Strasbourg.

M. Stubb a également clarifié la partie de son rapport qui laissait à penser qu’il était uniquement en faveur de l’usage unique des trois langues officielles, à savoir l’anglais, le français et l’allemand. « A l’inverse, nous ne devons en aucun cas imposer un régime linguistique aux députés européens. Ce serait contraire aux principes démocratiques. Mon rapport insistait sur la nécessité de garantir le multilinguisme au nom de la légitimité et de la diversité de l’Union européenne. Néanmoins, j’estime que les fonctionnaires des institutions internationales devraient être en mesure de communiquer en plusieurs langues. Cela réduirait également les coûts. »

En ce qui concerne la possibilité de sanctions (amendes ou retrait des services d’interprétation pour les députés qui réservent souvent ces services sans finalement les utiliser), Alexander Stubb l’envisage mais s’interroge sur les coûts administratifs que de telles mesures impliqueraient : « Il pourrait effectivement s’agir d’une option, mais cela engendrerait de nouvelles tâches administratives et l’objectif de mon rapport est d’abord et avant tout d’insister sur une organisation plus efficace. En 2003, quelques 26 millions d’euros ont été gaspillés en interprétation. L’objectif est que les députés européens se rendent compte des coûts. »