L'Autriche fait pression pour maintenir l'élevage de cerfs envahissants

Le pays élève environ 7 000 animaux et conteste la décision de Bruxelles visant à mettre progressivement fin à cette pratique

EURACTIV.com
[Photo : Silas Stein/picture alliance via Getty Images]

L’UE s’apprête à interdire l’élevage du cerf sika, une espèce asiatique considérée comme une menace pour les écosystèmes indigènes, mais l’Autriche cherche à obtenir une dérogation nationale afin de protéger ses agriculteurs.

Importé à l’origine d’Asie de l’Est pour les domaines aristocratiques, les parcs de chasse et les zoos, le cerf sika (Cervus nippon) a par la suite donné naissance à des populations sauvages dans certaines régions d’Europe centrale, en Irlande et au Royaume-Uni.

Cette espèce a également été élevée pour sa viande, souvent comparée à celle du cerf élaphe indigène.

Mais l’année dernière, l’UE a considéré que le cerf sika constitue une menace pour les écosystèmes locaux – notamment en raison de ses croisements avec le cerf élaphe – et a interdit sa détention, son élevage et sa vente.

La suppression progressive des cheptels existants doit être achevée d’ici août de l’année prochaine.

Le gouvernement autrichien cherche néanmoins à obtenir une dérogation pour ce secteur, qui compte environ 250 exploitations et jusqu’à 7 000 animaux.

Vienne a désormais demandé aux éleveurs de cerfs sika de lui fournir des données supplémentaires sur les populations animales afin de renforcer son dossier à Bruxelles. La consultation publique à ce sujet prend fin le 10 août.

Au nom de l’intérêt général

L’Autriche espère convaincre la Commission européenne que ce secteur répond à un « intérêt général prépondérant » et qu’il devrait donc être autorisé à poursuivre ses activités.

« L’élevage de cerfs sika garantit des emplois dans la région et contribue à la croissance économique régionale », a déclaré le ministère de l’Agriculture, de l’Environnement et du Climat dans un communiqué de presse. « L’importance économique nationale de ce type d’élevage est également considérable – elle s’élève à plusieurs dizaines de millions d’euros. »

Le ministère a également contesté le fondement scientifique de la décision de l’UE, rejetant les inquiétudes concernant l’hybridation avec le cerf élaphe indigène.

« Aucun cas de ce type n’est connu en Autriche », a écrit le ministre de l’Agriculture, Norbert Totschnig, dans une lettre récente adressée au Parlement national.

Totschnig a confirmé que l’Autriche s’était opposée à cette décision lors des négociations à Bruxelles.

L’inscription des espèces est régie par le règlement de l’UE sur les espèces exotiques envahissantes (EEE), les ajouts faisant l’objet d’un vote au sein d’un comité réunissant des représentants des États membres.

(adm, aw)