La Commission européenne fustige l’Italie pour son retard sur les prêts de défense SAFE

L'exécutif européen a déclaré qu'attendre jusqu'à la fin de l'année ne constitue pas « un délai adéquat » pour eux

/ EURACTIV.com
Guido Crosetto, ministre italien de la Défense, et Antonio Tajani, ministre italien des Affaires étrangères [Photo : Antonio Masiello/Getty Images]

La Commission européenne a vivement critiqué Rome mardi en raison des retards pris dans la mobilisation de l’enveloppe de 14,9 milliards d’euros allouée au titre du programme SAFE pour la défense, avertissant l’Italie qu’elle n’a « pas de temps à perdre » en matière de défense.

Cet avertissement fait suite à la confusion semée au Parlement italien par le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, qui a déclaré que Rome a « décidé d’utiliser la totalité des 14,9 milliards d’euros du programme SAFE », avant de faire marche arrière et de préciser que l’Italie s’est contentée de « réserver » le montant maximal disponible.

Le gouvernement, a-t-il précisé, déciderait « d’ici la fin de l’année » du montant qu’il utiliserait effectivement, laissant entendre que le chiffre final pourrait se situer entre 6 et 9 milliards d’euros.

Un porte-parole de la Commission a toutefois déclaré aux journalistes qu’« attendre jusqu’en décembre n’est pas un délai adéquat pour nous » et que l’exécutif européen doit procéder rapidement au déblocage des fonds.

Ces retards pourraient également affecter la redistribution des fonds non utilisés. Conformément aux règles du programme SAFE, la Commission doit réaffecter tout montant non utilisé par les États membres avant la fin de l’année. « Il nous faudra plus que quelques jours en décembre pour y parvenir », a averti le porte-parole.

La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a annoncé il y a deux semaines, lors de son séjour à Kiev, qu’environ 10 milliards d’euros provenant des fonds restants du programme SAFE seraient utilisés pour soutenir la production de drones en Ukraine dans le cadre d’un partenariat industriel de défense.

Cet épisode a également déclenché des tensions au sein de la coalition au pouvoir en Italie, la Ligue s’opposant aux prêts SAFE et insistant pour que le Parlement approuve au préalable toute décision d’accès à ces fonds.

Le chef de l’opposition et ancien Premier ministre Matteo Renzi a accusé Tajani de semer la confusion, arguant que les fonds du programme SAFE sont déjà réservés à l’Italie et que le gouvernement doit désormais décider rapidement s’il comptait les utiliser.

La France a déjà revu son plan à la baisse d’environ 1 milliard d’euros lors de la signature de son accord de prêt avec la Commission. L’Estonie et la Lettonie n’ont pas non plus utilisé l’intégralité de leurs allocations provisoires.

Mais certains pays doivent encore finaliser leur accord de prêt avec la Commission, et le nouveau gouvernement hongrois n’a pas encore transmis de version mise à jour de sa liste de dépenses SAFE.

(at)