Quartier européen, un développement marqué par des opportunités manquées

Les querelles entre les autorités bruxelloises ont eu des répercussions négatives sur le développement urbain au cours de l'histoire récente de la capitale belge, selon une étude publiée cette semaine par un think tank bruxellois.

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Les querelles entre les autorités bruxelloises ont eu des répercussions négatives sur le développement urbain au cours de l'histoire récente de la capitale belge, selon une étude publiée cette semaine par un think tank bruxellois.

Les malentenduset les relations tendues entre les constructeurs, les résidents, les fonctionnaires locaux et les branches nationale, fédérale et régionale du gouvernement contribuent à la tendance appelée"Bruxellisation" (bulldozers et reconstructions en vrac), soutient le rapport de l'étude bruxelloise.

L'hésitation sur l'emplacement du siège de la Commission européenne a encouragé une attitude attentiste et une dépendance aux solutions temporaires devenues permanentes, estime l'étude belge, suggérant que le quartier européenne continue aujourd'hui de subir les conséquences de l'aménagement fonctionnaliste de la ville, qui l'a conduit à se développer d'une façon pragmatique et erratique, en silence et sans instructions.

La raison principale à cela, rappelle le rapport, c'est la montée phénoménale du nombre d'immeubles de bureaux dans les années 1950 et 60, au moment où l’espace utilisé par les bureaux a quintuplé en seulement 20 ans.

Ce qui aujourd'hui apparaît comme la destruction d'une ville a eu lieu sans protestations à l'époque, car les résidents ont volontairement abandonné leurs maisons dans le quartier Léopold et ses environs en échange de gains importants en capital, d'après l'auteur de l'étude, l'architecte et urbaniste Michel de Beule.

En effet, le développement fonctionnaliste de Bruxelles a engendré une ville dont les quartiers sont aussi spécialisés que possible, avec des logements dans l'un, des industries dans l'autre, des bureaux dans le troisième et des voies express urbaines pour desservir tous les endroits, soutient l'étude.

Le rapport sur l’étude de Bruxelles argue que l'incapacité des Etats membres à se mettre rapidement d'accord sur un lieu définitif pour les institutions européennes lors des débuts de la Communauté Economique Européenne a retardé le développement d'un quartier construit pour l'Europe à Bruxelles et a conduit à des solutions temporaires qui sont devenues permanentes.

Introduire un complexe administratif au hasard dans un quartier déjà habité était largement préférable que la construction d’ un complexe pratique mais démesurément ostentatoire dans un coin inoccupé, fait remarquer M. De Beule, concluant que la politique a ses raisons que l'urbanisme ne peut pas comprendre.

Le quartier européen de Bruxelles se prépare à une nouvelle rénovation majeure suite à la parution l'an dernier de propositions pour créer un quartier symbolique pour les institutions de l'UE,  donner un corps et une âme au projet politique européen et doter la Commission, qui en a fortement besoin, de plus de lieux de travail, selon les mots de Siim Kallas, vice-président de l'exécutif de l'UE (EURACTIV 06/03/09).

A présent, le quartier de la Rue de la Loi, où est située la Commission européenne, est l'un des passages les plus utilisés et dispose d'un grand tunnel qui relie le centre de Bruxelles à l'autoroute. Je ne suis pas favorable à la conservation de l'actuelle autoroute, a dit Charles Picqué, Ministre-président du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale l'an dernier, mais nous devons respecter le défi. Il s'agit de la mobilité, qui a des contraintes fonctionnelles.

M. De Beule conclut quant à lui en soutenant qu'après une série d'opportunités manquées, et par rapport à la toile de fond d'une crise de l'immobilier et d'un marché de la propriété prospère, le temps est venu de s'interroger sur le futur de l'urbanisme.