Un tribunal autrichien annule toute une floppée de frais supplémentaires facturés par Ryanair

Une association de défense des consommateurs aide les passagers mécontents à réclamer le remboursement de billets d'avion datant d'il y a jusqu'à 30 ans

[Photo : Marcin Golba/NurPhoto via Getty Images]

La Cour suprême autrichienne a jugé illégaux plus d’une douzaine de frais facturés par la compagnie aérienne low-cost Ryanair, ouvrant ainsi la voie à des demandes de remboursement, a déclaré lundi une association de consommateurs.

Dans son arrêt, la Cour a précisé que « les frais supplémentaires doivent être présentés de manière transparente », a indiqué l’association de défense des consommateurs VKI, qui avait saisi la justice au nom du ministère autrichien des Affaires sociales.

Cette décision visait notamment des frais d’enregistrement à l’aéroport de 55 euros (63 dollars), des frais de 25 euros pour les jeunes enfants ou encore des frais de 15 euros pour l’émission d’une carte d’embarquement — qui, selon le VKI, pouvaient au total dépasser le prix du billet.

En effet, 14 des 15 frais que Ryanair facture systématiquement en plus du prix de base du billet ont été jugés illégaux, généralement au motif qu’ils étaient « manifestement abusifs » et/ou en raison de clauses « non transparentes » dans la politique tarifaire de la compagnie aérienne.

« Les consommateurs qui ont payé ces frais sur la base de ces clauses peuvent désormais demander un remboursement », a indiqué le VKI dans un communiqué.

En effet, les demandes de remboursement peuvent porter rétroactivement sur n’importe quel vol effectué au cours des 30 dernières années, a souligné l’association de défense des consommateurs, tout en mettant à la disposition de ses lecteurs un modèle de formulaire pour les aider à déposer une réclamation.

« Quiconque réserve un vol doit savoir combien il coûte réellement », a déclaré la secrétaire d’État Ulrike Koenigsberger-Ludwig, chargée des questions relatives aux droits des consommateurs au sein du gouvernement autrichien.

Ryanair n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires de l’AFP.

La semaine dernière, Ryanair a annoncé qu’elle supprimerait les frais facturés aux parents souhaitant s’asseoir à côté de leurs enfants, après que les autorités de régulation britanniques ont ouvert une enquête sur ce surcoût.

Cette pratique tarifaire est déjà en voie de disparition au sein de l’Union européenne, les législateurs ayant approuvé ce mois-ci une réforme des droits des passagers aériens.

La plus grande compagnie aérienne d’Europe n’en est pas à son coup d’essai devant les tribunaux : plus tôt cette année, certaines de ses stratégies tarifaires et marketing ont été jugées illégales par un tribunal belge.

(rh)