Rio+20 : le compte à rebours est lancé
Les États et la société civile avaient jusqu’au 1er novembre pour rendre leur contribution en vue de l’élaboration de la première version du document, qui servira de base de négociations lors du prochain Sommet de la terre.
Les États et la société civile avaient jusqu’au 1er novembre pour rendre leur contribution en vue de l’élaboration de la première version du document, qui servira de base de négociations lors du prochain Sommet de la terre.
Il y a vingt ans, à Rio de Janeiro, la communauté internationale avait reconnu la nécessité d’une approche intégrée du développement durable et de la lutte contre la pauvreté. En juin 2012, le Sommet de la Terre, appelé « Rio+20 », s’invitera de nouveau au Brésil.
Au programme, deux grands thèmes : l’économie verte dans l’optique de développement durable et de la lutte contre la pauvreté, et l’élaboration d’un cadre institutionnel au développement durable. Des sujets plus transversaux, tels que l’agriculture, l’énergie, les océans, seront également abordés.
Contexte international bouleversé
Pendant trois jours, les dirigeants du monde entier se réuniront sous l’égide de l’ONU pour renouveler leurs engagements sur le développement durable, et faire un état des lieux des progrès réalisés et des chantiers à accomplir.
Mais le contexte international n’est pas le même, à résumé l’ambassadeur français délégué à l’environnement Jean-Pierre Thébault, lors d’une conférence à Paris le 8 novembre. « Des pays, qui ne s’exprimaient pas en 1992, le feront cette fois-ci », a-t-il précisé. Les nouveaux acteurs politiques, tels que la Chine, l’Inde ou encore le Brésil, auront plus de poids dans ces négociations.
Feuille de route
Adoptée le 10 octobre par les ministres de l’Environnement européens, la contribution de l’UE propose la mise en place d’une feuille de route pour l’économie verte, ainsi que l’adoption de nouveaux indicateurs qui viendraient compléter le PIB. Une suggestion notamment poussée par la France qui souhaite tirer partie du rapport de la commission pilotée par l’économiste Joseph Stiglitz. Elle plaide également pour une meilleure intégration de la société civile et du secteur privé sur ces questions.
L’Europe préconise aussi la réforme de la Commission du développement durable et le renforcement du Conseil économique et social des Nations Unis. Elle avance également l’hypothèse d’une modification de statut du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), qui deviendrait une agence spécialisée, au même titre que l’UNESCO ou la BIRD.
« Cette proposition est soutenue par une centaine d’États, et depuis le 25 octobre par l’Union Africaine », a souligné l’ambassadeur français.
« L’Union européenne ne préconise rien, mais propose beaucoup de pistes d’actions. Une attitude volontairement prudente, car elle ne veut pas que cela se transforme en clivage des pays du Nord contre les autres », a-t-il ajouté.
Calendrier chamboulé
D’ici mi-décembre, un résumé de toutes les contributions sera publié. Au total, ce sont 624 textes que devra décortiquer le département des affaires économiques et sociales de l’ONU (UN-DESA). Ils serviront de base de travail au « Draft zero », qui sera dévoilé en janvier.
Les États négocieront ensuite, à raison d’une semaine par mois, jusqu’à la conférence finale. Initialement prévue du 4 au 6 juin 2012, elle aura finalement lieu du 20 au 22 juin, pour éviter tout chevauchement avec le Jubilé de la reine Elisabeth II.
Mais ce nouveau calendrier suscite d’ores et déjà des inquiétudes. Il place la conférence au lendemain du G20 qui se tiendra du 18 et 19 juin au Mexique, et juste après le troisième et dernier comité préparatoire du sommet Rio+20.
« Il ne faudrait pas que l’agenda du G20 prenne le dessus sur la question de l’économie verte », s’est inquiétée Nathalie Péré-Marzano, déléguée générale du Centre de recherche et d’information pour le développement.