Roberta Metsola face à un dilemme : rester à Bruxelles ou retourner à La Valette

L’avenir politique de Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, suscite de vives spéculations, alors que son nom circule pour reprendre les rênes du Parti nationaliste maltais, dans un contexte de crise au sein de la formation de centre-droit.

EURACTIV.com
Plenary session of the European Parliament
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola. [Getty Images/Philipp von Ditfurth_picture alliance]

L’avenir politique de Roberta Metsola, actuelle présidente du Parlement européen, suscite de vives spéculations, alors que son nom circule pour reprendre les rênes du Parti nationaliste (PN) maltais, dans un contexte de crise au sein de la formation de centre-droit.

Mardi 10 juin Bernard Grech, chef du PN (Parti populaire européen, PPE), a annoncé sa démission.

Dès le lendemain, l’un des députés du parti a proposé de renoncer à son siège au parlement maltais afin de laisser la place à un futur candidat qui pourrait prendre la tête du parti. Une proposition qui ouvre la voie à un retour de Roberta Metsola sur la scène politique nationale.

Pour l’heure, l’intéressée reste prudente. Interrogée mercredi 11 juin par Politico, Roberta Metsola a affirmé se sentir tenue par ses responsabilités européennes.

La Maltaise de 46 ans est devenue en 2022 la plus jeune présidente du Parlement européen — et la première issue du plus petit État membre de l’Union — après le décès de l’Italien David Sassoli. Elle a ensuite été reconduite dans ses fonctions en juillet 2024. Installée à Bruxelles avec sa famille, elle n’a cependant jamais caché son attachement à son île natale ni exclu un futur retour en politique national.

Pour certains observateurs, diriger un gouvernement serait une étape clé pour atteindre les plus hautes fonctions sur la scène internationale. D’autres estiment au contraire qu’un retour à Malte pourrait freiner son ascension européenne.

Quoi qu’il en soit, sa popularité à Malte est incontestable. Elle a remporté les deux tiers des suffrages de son parti lors des élections européennes de 2024.

Ce capital politique est d’autant plus précieux que le PN est à la traîne dans les sondages, avec un retard de 14 points sur le Parti travailliste (Socialistes et Démocrates européens, S&D), au pouvoir. Un retour de Roberta Metsola pourrait redonner un souffle à une formation en difficulté, à l’approche des prochaines législatives prévues pour 2027.

Pour compliquer encore la tâche, le Premier ministre travailliste Robert Abela a menacé de convoquer des élections anticipées en pleine course à la direction de l’opposition.

Le comité exécutif du PN se réunira ce mercredi soir pour lancer le processus interne, qui pourrait conduire jusqu’à 25 000 membres du parti à voter.

Le secrétaire international du parti, Beppe Galea, a déclaré qu’il y avait « toute une série de candidats potentiels pour la course à la direction ».

Magnus Lund Nielsen a contribué à la rédaction de cet article.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]