Course à la présidence du Parlement européen : les socialistes ouvrent le bal

Selon un éminent social-démocrate, Katarina Barley ou René Repasi seraient des candidats sérieux pour succéder à Roberta Metsola

/ EURACTIV.com
Katarina Barley [Photo : Maryam Majd/Getty Images]

Le coup d’envoi officieux de la course à la présidence du Parlement européen a été donné, même si, pour l’instant, Roberta Metsola n’a pas d’adversaire déclaré.

Matthias Miersch, chef du groupe social-démocrate au Parlement allemand, a déclaré mardi à Bruxelles aux journalistes que le poste devrait passer de Metsola, députée européenne maltaise de centre-droit, à un candidat du groupe des Socialistes et Démocrates.

Metsola occupe la présidence depuis 2022. Bien qu’elle n’ait pas fait part publiquement de ses intentions, elle est largement pressentie pour briguer un troisième mandat de deux ans et demi, ce qui serait une première. Ses chances dépendent toutefois en partie de la volonté des socialistes de présenter un candidat contre elle.

« Il y a un accord, et je m’attends à ce que les parlementaires allemands, comme Manfred Weber [le chef du groupe PPE], respectent cet accord », a indiqué Miersch.

« Nous avons d’excellents sociaux-démocrates ici à Bruxelles, tels que René Repasi et Katarina Barley, et d’après ce que je peux voir, il y a eu un accord entre les groupes », a-t-il ajouté.

Les dirigeants des groupes PPE, S&D et Renew ont signé en 2024 un document décrivant ce qu’il adviendrait du poste le plus puissant du Parlement lors des élections de mi-mandat de janvier 2027.

Il existe six exemplaires papier de cette note, mais elle n’a jamais été rendue publique, et le PPE et le S&D ne s’accordent pas sur ce qu’elle oblige les groupes à faire.

« Le document laisse une marge de manœuvre suffisante pour plusieurs issues », a confié un membre du PPE à la newsletter d’Euractiv, Rapporteur. Le centre-droit a également évoqué la possibilité de refuser un second mandat à António Costa à la présidence du Conseil européen, à moins que Metsola n’obtienne une prolongation.

Si les socialistes refusaient d’approuver un nouveau mandat pour Metsola, ce qui ferait d’elle la présidente ayant exercé le plus longtemps dans l’histoire du Parlement, elle aurait besoin du soutien de l’extrême droite, ce qui ouvrirait la voie à un scénario potentiellement explosif.

En privé, des sources du PPE se demandent pourquoi le S&D n’a pas encore présenté de candidat, alors qu’il ne reste qu’un peu plus de six mois avant le vote.

Ni Repasi ni Barley n’ont fait part de leur intérêt pour le poste. Barley, ancienne ministre allemande de la Justice et l’une des 14 vice-présidentes du Parlement, est considérée comme la candidate potentielle la plus sérieuse du S&D.

Interrogée le mois dernier sur la course à la présidence du Parlement, la cheffe du groupe socialiste, Iratxe García, a répondu qu’elle se concentrait sur la tâche à accomplir.

Weber, quant à lui, a minimisé les spéculations concernant les élections de mi-mandat, affirmant que les discussions ne commenceraient pas avant septembre. « Passons un été tranquille », a-t-il déclaré en mai.

(mm)