L’UE demande à la FIFA de protéger les supporters lors de la Coupe du monde de foot aux États-Unis

L’Union européenne a appelé le président de la FIFA, Gianni Infantino, à assurer la protection des supporters européens qui se rendront aux États-Unis pour la Coupe du monde cet été, a indiqué à Euractiv le commissaire européen chargé du sport.

/ EURACTIV.com
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Le président américain Donald Trump et Gianni Infantino, président de la FIFA, lors du tirage au sort officiel de la Coupe du monde de football 2026 au John F. Kennedy Center for the Performing Arts, le 5 décembre 2025 à Washington, DC. [Getty Images/Emilee Chinn_FIFA]

Plusieurs associations de supporters en Europe ont exprimé leurs préoccupations face au contexte sécuritaire actuel aux États-Unis, en particulier en raison d’opérations très médiatisées des agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). Elles ont donc demandé des garanties avant le début de la compétition.

Glenn Micallef, commissaire européen à l’Équité intergénérationnelle, à la Jeunesse, à la Culture et aux Sports, a déclaré avoir eu une conversation « constructive » avec Gianni Infantino à Bruxelles la semaine dernière, en marge d’un congrès de l’UEFA.

« Je l’ai exhorté à garder à l’esprit la sécurité des supporters en déplacement lorsqu’il s’adresse aux organisateurs », a confié Glenn Micallef à Euractiv lors d’un entretien exclusif, ajoutant qu’il avait été en contact avec des groupes officiels de supporters au sujet de leurs préoccupations en matière de sécurité.

« Bien sûr, nous devons engager le dialogue avec les organisateurs et la FIFA afin de garantir la sécurité de tous ceux qui se rendront aux États-Unis », a ajouté le commissaire maltais.

Huit équipes nationales d’États de l’UE participeront à la Coupe du monde, qui se déroulera en juin et juillet. Elle sera organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, les États-Unis accueillant la majorité des matchs.

Des agents de l’ICE, l’agence fédérale américaine chargée de l’application des lois sur l’immigration, ont accompagné la délégation américaine lors des Jeux olympiques d’hiver en Italie. Cette décision a suscité des critiques en raison des controverses entourant les activités de l’agence aux États-Unis.

Le directeur de l’ICE a par ailleurs indiqué devant le Congrès que l’agence serait impliquée dans le dispositif de sécurité du tournoi de football.

Répondant aux inquiétudes, un porte-parole du département d’État américain a déclaré en coulisses : « La sûreté et la sécurité des matchs de la Coupe du monde, des athlètes, des supporters et des sites, ainsi que la sécurité continue des États-Unis sont les principales priorités de l’organisation ».

À Bruxelles, Gianni Infantino est considéré comme un interlocuteur clé en raison de ses liens étroits avec le président américain Donald Trump, avec lequel il est apparu à de nombreuses reprises lors d’évènements publics, souvent sans lien direct avec le football. En décembre, il lui a remis le premier « prix de la paix » décerné par la FIFA.

« Nous nous réjouissons que le commissaire se montre proactif sur ce sujet, car nous pensons qu’il peut exercer une influence sur Gianni Infantino », a déclaré Ronan Evain, directeur exécutif de Football Supporters Europe, qui a également rencontré Glenn Micallef à Bruxelles la semaine dernière.

Ronan Evain a ajouté qu’il était « particulièrement inquiétant » que les États-Unis n’autorisent pas les pays participants tels que la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni à envoyer des policiers pour accompagner les supporters, comme c’est l’usage lors des Coupes du monde. Il a appelé la FIFA à clarifier sa « doctrine de sécurité », arguant que l’instance dirigeante risquait de paraître mal préparée.

Interrogé sur sa participation à l’évènement, Glenn Micallef a répondu qu’il n’avait pas reçu d’invitation et a jugé le tournoi « trop cher ».

Le commissaire, lui-même passionné de football, a critiqué le système de « tarification dynamique » de la FIFA, arguant qu’il risquait d’exclure les supporters de l’évènement. « Les prix sont exorbitants. J’en ai vu certains atteindre plusieurs milliers d’euros », a-t-il conclu.