Roms : La guerre des mots continue entre Paris et Bruxelles

La joute verbale s’est poursuivie, le 15 septembre, malgré les regrets exprimés par la commissaire à la justice, Viviane Reding.

EURACTIV.fr

La joute verbale s’est poursuivie, le 15 septembre, malgré les regrets exprimés par la commissaire à la justice, Viviane Reding.

«Nous allons démontrer dans les toutes prochaines heures que la France respecte parfaitement les règles européennes et les règles nationales concernant le démantèlement des camps illégaux», a assuré le premier ministre François Fillon, mercredi 15 septembre, après une rencontre avec des députés européens, à l’occasion du traditionnel sommet du PPE, qui a lieu avant chaque sommet européen.

Cette déclaration a été le point d’orgue d’une série de déclarations indignées de la part de Paris, après la vigoureuse condamnation de la France par la commissaire européenne Vivane Reding, mardi 14 septembre. «Il est scandaleux (…) que l’Europe s’exprime de cette façon sur ce que fait la France», avait lancé, furieux le président français lors d’une réunion avec des sénateurs, plus tôt dans la journée, a rapporté le sénateur Bruno Sido (UMP). Nicolas Sarkozy a ajouté qu’il comptait parler de se débat au cours du Conseil européen qui a lieu à Bruxelles jeudi 16 septembre.

«Je serais très heureux si le Luxembourg pouvait aussi accueillir les Roms», a ajouté le chef de l’État. Des propos que le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, n’a pas apprécié. «Faire cet amalgame-là de la part de Nicolas Sarkozy entre la nationalité de la commissaire et le Luxembourg est quelque chose de malveillant », a-t-il déploré.

Département d’État américain

Car le rapport de force dépasse la lutte entre la France et la Commission. Dans un entretien accordé au Figaro, le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, a soutenu Nicolas Sarkozy et demandé à ce que le sujet soit abordé lors du Conseil européen du 16 septembre.

Le département d’État américain s’en est également mêlé, en rappelant à l’ordre le gouvernement français. «A l’évidence, les droits des Roms sont importants pour nous, et nous invitons la France et d’autres pays à (les) respecter», a déclaré à la presse un responsable.

En Allemagne, le gouvernement a également apporté son soutien à la Commission, rappelant qu’«aucune discrimination n’est autorisée à l’encontre de minorités ethniques».

Le président de la Commission, José Manuel Barroso, avait quant à lui joué la carte de l’apaisement, en insistant sur le fait que Mme Reding n’avait «pas voulu établir un parallèle entre ce qui s’est passé durant la deuxième Guerre mondiale et la période actuelle».

La commissaire européenne à la justice, Viviane Reding, a d’ailleurs regretté « les interprétations » de ses propos « qui détournent l’attention du problème qu’il faut maintenant résoudre ». « Je n’ai en aucun cas voulu établir un parallèle entre la deuxième guerre mondiale et les actions du gouvernement français d’aujourd’hui », a-t-elle précisé.

Dans la soirée, l’Elysée a pris acte « des excuses de Mme Viviane Reding pour ses propos outranciers à l’égard de la France ». « Excuses » : un mot que la commissaire n’a jamais prononcé. Malgré les tentatives d’apaisement, le malentendu demeure.