Russie : toujours pas d’accord de l’UE sur de nouvelles sanctions, annonce Kaja Kallas
La cheffe de la diplomatie européenne a reconnu mardi 15 juillet qu’aucun accord n’avait pu être obtenu mardi sur un 18e « paquet » de sanctions contre la Russie en guerre comprenant un nouveau plafonnement du prix du pétrole russe.
« Je suis vraiment triste que nous n’ayons pas conclu cet accord aujourd’hui. Je dois dire que nous en étions vraiment proches », a déclaré Kaja Kallas devant la presse à l’issue d’une réunion à Bruxelles des ministres des Affaires étrangères des États membres de l’UE mardi.
Elle a dit espérer un accord dès cette semaine.
Le Premier ministre slovaque, Robert Fico, a confirmé l’opposition de son pays aux nouvelles mesures dans un message sur X.
Ce dernier utilise ce veto pour faire pression sur la Commission européenne afin qu’elle lui garantisse son approvisionnement en gaz, au moment où l’UE cherche à interrompre totalement ses importations de gaz russe d’ici à 2027. Le pays, tout comme la Hongrie, dépend encore fortement du gaz russe.
La Slovaquie a pourtant obtenu de Bruxelles les garanties suffisantes lui permettant de lever son veto, a estimé Kaja Kallas. La Commission européenne « a donné ce qu’ils [les Slovaques] ont demandé, la balle est maintenant dans le camp de la Slovaquie et nous devons conclure cet accord », a-t-elle expliqué.
Dans une lettre envoyée lundi 14 juillet, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, liste une série de garanties visant à apaiser les inquiétudes de la Slovaquie.
Il s’agit notamment de créer un groupe de travail chargé de soutenir et de suivre la transition énergétique de la Slovaquie, d’élaborer une solution pour les tarifs transfrontaliers du pétrole et du gaz et de clarifier les mécanismes techniques, par exemple en autorisant les opérations sur le marché spot pour ajuster les contrats à long terme existants.
La Commission s’est également engagée à soutenir la mise en œuvre des mesures énergétiques nouvelles et existantes, à accélérer l’approbation des régimes d’aide d’État et à explorer l’utilisation des fonds de l’UE afin de compenser les effets de la sortie progressive du gaz russe et aider à diversifier les sources d’approvisionnement.
Robert Fico a réaffirmé mardi que Bratislava ne ferait pas obstacle aux efforts de l’UE si il recevait des garanties crédibles quant à l’atténuation de l’impact de la suppression progressive des énergies russes pour son pays. Il a insisté sur le fait que la solution la plus viable serait une dérogation permettant à la Slovaquie d’honorer son contrat avec Gazprom jusqu’à son expiration en 2034 — une option actuellement rejetée par la Commission.
Les nouvelles sanctions de l’UE contre Moscou comprennent un nouveau plafonnement du prix du pétrole exporté par la Russie. Ce plafond est actuellement fixé par les pays du G7 et de l’UE à 60 dollars le baril et la Commission européenne a proposé de le réduire à 45 dollars. Mais plusieurs États de l’Union européenne, dont Chypre et Malte, ont manifesté leurs réticences, redoutant davantage de restrictions sur l’activité de leur flotte marchande.
La Commission a donc proposé un système plus souple permettant de réviser ce plafond en fonction des prix du brut sur le marché international.
Les Européens espèrent toujours rallier les États-Unis, peu enclins jusqu’à présent à fixer un nouveau seuil après l’accord conclu au G7 sur un prix de 60 dollars.
En fixant un prix maximum, les Occidentaux espèrent limiter la manne financière dont bénéficie la Russie pour poursuivre la guerre contre l’Ukraine.
Selon Kaja Kallas, le seuil de 60 dollars a permis de réduire de 30 % les revenus pétroliers russes, essentiels au financement du conflit.
La Russie a cependant constitué pour contourner cette interdiction une flotte « fantôme » de pétroliers, dont le nombre est évalué à plus de 500, que l’UE a déjà prise pour cible.
Dans le cadre de ce 18e train de sanctions, l’Union veut ajouter 70 pétroliers « fantômes » à sa liste noire de navires comptant actuellement 342 noms.