Sortie du gaz russe : le Premier ministre slovaque envisage une action en justice contre l’UE

Le Premier ministre slovaque Robert Fico a demandé à ses ministres d’étudier la possibilité de poursuivre l’Union européenne au sujet du projet visant à mettre fin aux livraisons de gaz russe vers son pays, estimant que Bruxelles pourrait violer les garanties accordées à Bratislava.

EURACTIV Slovaquie
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L'installation gazière Eustream, le 28 février 2025, à Velke Kapusany, en Slovaquie. [Getty Images/Robert Nemeti_Anadolu]

À l’issue d’un Conseil des ministres de mercredi 19 novembre, Robert Fico a chargé la ministre de l’Économie, Denisa Saková, le ministre des Affaires étrangères, Juraj Blanár, et le ministre de la Justice, Boris Susko, d’examiner les voies de recours.

Robert Fico estime que la décision de l’arrêt du gaz russe « porte énormément préjudice » à son pays. « Vous savez que nous n’avons pas voté en sa faveur. Nous voulons également examiner les engagements signés par la Commission européenne, qui sont censés aider la Slovaquie d’une manière ou d’une autre, et nous voulons savoir comment ces engagements sont respectés », a-t-il expliqué mercredi.

Contrairement à de nombreux États membres, la Slovaquie demeure largement dépendante des importations de gaz russe et n’a que peu diversifié ses approvisionnements ces dernières années.

En juillet dernier, le Premier ministre slovaque a bloqué pendant plusieurs semaines le 18e paquet de sanctions de l’UE contre la Russie, qualifiant d’« idiote » la proposition de mettre fin aux livraisons de gaz russe d’ici le 1er janvier 2028.

Il a levé son veto après que la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a offert certaines garanties, telles qu’un soutien à la diversification énergétique, l’accélération des autorisations d’aides d’État et la création d’un groupe de travail chargé de guider la transition de la Slovaquie.

L’opposition slovaque a toutefois fait valoir que Robert Fico n’avait en réalité négocié aucun accord substantiel avec la Commission, et que ces « garanties » ne dépassent pas le cadre habituel des engagements européens.

Le Premier ministre a par ailleurs exprimé ses réserves sur le projet de l’UE d’utiliser les avoirs russes immobilisés pour financer l’aide à l’Ukraine, évoquant des « incertitudes juridiques » et des risques de représailles.

Robert Fico, qui a rencontré le président russe Vladimir Poutine à trois reprises en moins d’un an, a par ailleurs indiqué que son gouvernement poursuivrait l’examen du dossier.