Soupçonné de trafic d’influence, le commissaire maltais démissionne
John Dalli, qui prépare une législation sur le tabac, est accusé d’avoir été mis au courant des agissements illégaux d’un entrepreneur maltais, en contact avec un cigarettier suédois.
John Dalli, qui prépare une législation sur le tabac, est accusé d’avoir été mis au courant des agissements illégaux d’un entrepreneur maltais, en contact avec un cigarettier suédois.
L’opération a été rondement menée. Le 15 octobre, la Commission reçoit un rapport des mains de l’office européen de lutte anti-fraude (Olaf). Le cigarettier suédois Swedish Match dit avoir été approché par un entrepreneur maltais, qui espérait tirer profit de ses contacts privilégiés avec le commissaire à la consommation et la santé John Dalli, afin d’influencer un projet législatif européen sur le tabac, en cours de préparation.
Les inspecteurs de l’Olaf n’ont pas fait la preuve de la participation directe de M. Dalli, mais estiment cependant que l’homme politique maltais était au courant du plan échafaudé. L’enjeu porte sur la légalisation de la poudre de tabac, baptisée Snus. Sa commercialisation est interdite dans l’UE, à l’exception de la Suède, qui a obtenu une dérogation auprès de Bruxelles. Selon l’industriel Suedish Match, les « faits scientifiques » démontrent que ce produit à base de tabac serait moins nocif que la cigarette.
La démission de John Dalli a déclenché dans la foulée celle de l’entremetteur présumé, Silvio Zammit, maire adjoint de Sliema, ville balnéaire où il tient un restaurant et promeut les spectacles de cirque.
« Pas au courant »
Selon le journal Malta Today, l’homme d’affaires a eu des correspondances avec Swedish Match. L’un des emails montrerait qu’une récompense financière a même été proposée à Silvio Zammit en échange de l’organisation d’un rendez-vous avec le commissaire européen.
Dans une lettre, M. Zammit estime avoir démissionné pour des « raisons personnelles ». De son côté, John Dalli nie « catégoriquement » les faits qui lui sont reprochés, assurant qu’il « n’était pas au courant» de la manœuvre.
En attendant que le gouvernement maltais propose une nouvelle figure, le commissaire en charge de l’administration Maros Sefcovic, assurera la transition.
La démission individuelle de John Dalli évite à la Commission d’être débarquée par le Parlement européen. En 1999, la Commission Santer avait anticipé la sanction des élus en mettant fin à son mandat collectivement.
La commissaire et ex-premier ministre française Edith Cresson avait été accusée de fraude dans la gestion du programme Leonardo, dédié aux jeunes souhaitant partir en stage dans une entreprise européenne. Mais elle refusait de quitter ses fonctions.