Tempête dans le Sud-Ouest : Paris demande à Bruxelles de débloquer des fonds

Deux jours après la tempête qui a durement frappé le sud-ouest de la France, députés européens, élus locaux et gouvernement ont demandé à l’Union européenne de mobiliser le fonds de solidarité de l’Union européenne pour venir en aide aux régions sinistrées. En théorie, cette aide peut aller jusqu’à 1 milliard d’euros.

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Deux jours après la tempête qui a durement frappé le sud-ouest de la France, députés européens, élus locaux et gouvernement ont demandé à l’Union européenne de mobiliser le fonds de solidarité de l’Union européenne pour venir en aide aux régions sinistrées. En théorie, cette aide peut aller jusqu’à 1 milliard d’euros.

Branle-bas de combat chez les élus du Sud-Ouest. Des députés européens de tous bords ont en effet appelé le gouvernement à faire débloquer par l’Union européenne des moyens financiers pour aider les régions en difficulté. La tempête qui a frappé tout le sud-ouest de la France et le nord de l’Espagne le week-end des 24 et 25 janvier, a provoqué des dégâts aussi exceptionnels que coûteux.

A gauche, les socialistes Gilles Savary, Kader Arif, Françoise Castex, Michel Teychenné et Béatrice Patrie ont demandé l’activation des mécanismes de solidarité européens et la mobilisation des instruments de gestion et de prévention des catastrophes naturelles pour les pays touchés. Gilles Savary, à l’origine de l’initiative, plaide non seulement pour le déblocage du fonds de solidarité de l’Union européenne (FSUE), mais réclame aussi la mobilisation de moyens humains, comme le renfort de bûcherons des pays scandinaves, dont la région avait par exemple bénéficié lors de la tempête de 1999.

«Par ailleurs, explique-t-il, nous demandons de pouvoir bénéficier d’aides spécifiques à la reconstitution des forêts après les tempêtes.» Le député français demande que ce plan, appelé «plan Chablis», soit financé sur les crédits inutilisés de la PAC. Il mettrait en place une régulation des stocks de bois au niveau européen, «afin de faire face à une offre de bois soudainement très abondante». Et le député de souligner : «Il faut que la priorité soit donnée au bois tombé.»

De l’autre côté de l’échiquier politique, deux élus PPE-DE de la région, Alain Lamassoure et Christine de Veyrac, estiment eux aussi que «l’Europe doit aider les régions touchées par la tempête». Ils demandent «une action rapide au niveau européen», notamment via le FSUE. «Nous demandons au gouvernement français d’engager une procédure en ce sens», soulignent-ils dans un communiqué.

Dégâts difficiles à chiffrer

C’est en effet aux États membres, et non aux régions, de demander à la Commission le déblocage de ce fonds. Créé après les inondations survenues en Europe centrale en 2002, le FSUE peut fournir une aide financière en cas de catastrophe naturelle, à condition que les dégâts occasionnés soit supérieurs à 3,4 milliards d’euros, ou s’ils atteignent 0,6% du PIB du pays.

Si ces sommes sont atteintes, ce qui semble largement être le cas, si l’on en croit l’entourage du président (PS) de la région Aquitaine, Alain Rousset, «cette aide sera alors affectée au remboursement du coût de mesures d’urgence menées par les autorités publiques telles que les opérations de sauvetage, le nettoyage des zones sinistrées, la remise en état des infrastructures de base et la mise à disposition de logements temporaires», précise la Commission. «Mais les dégâts sont pour l’instant très difficiles à chiffrer», constate-t-on au cabinet d’Alain Rousset.

Lundi 26 janvier à Bruxelles, au cours d’une réunion avec les ministres des Vingt-Sept chargés des Affaires étrangères et européennes, le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Bruno Lemaire, a demandé à la Commission la mobilisation de ce fonds d’urgence. Son homologue espagnol, Diego Lopez Garrido, a introduit une demande similaire pour son propre pays.

1 milliard maximum

Dans les jours à venir, si Bruxelles répond favorablement à la demande de Paris, la Commission décidera du montant de chaque aide et soumettra sa proposition au Parlement européen et au Conseil. Dans tous les cas, l’aide octroyée ne peut dépasser 1 milliard d’euros. L’aide sera alors payée en une fois, après la signature d’un accord de mise en œuvre avec la France.

En attendant, Alain Rousset profitera d’un déplacement à Bruxelles, mercredi 28 janvier, pour rencontrer la commissaire européenne en charge de la Politique régionale, Danuta Hübner. Le déplacement fait grincer les dents de certains. «C’est une pure opération de communication», fulmine-t-on à droite. «Ce n’est pas aux élus locaux d’aller à Bruxelles demander le déblocage du fonds de solidarité!» «Au contraire, la démarche n’a rien d’incongru», répond pour sa part Gilles Savary. «Je me souviens encore des élus de Galice en visite à Bruxelles juste après le naufrage de l’Erika. Et cela n’avait rien d’absurde», conclut-il.