Ukraine : pour l’UE, la Russie doit choisir entre la guerre et la diplomatie

Tout en poursuivant les négociations et en explorant toutes les voies diplomatiques possibles, si la Russie choisit la guerre, l’UE se tient prête.

EURACTIV.com
European Parliament session in Strasbourg
Le Haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, a tenu un discours sur la situation en Ukraine au Parlement européen. [EPA-EFE/JULIEN]

Tout en poursuivant les négociations et en explorant toutes les voies diplomatiques possibles, si la Russie choisit la guerre, l’UE se tient prête. C’est ce qu’ont déclaré les chefs des institutions de l’UE lors du débat plénier de mercredi (16 février) au Parlement européen.

« La diplomatie n’a pas encore dit son dernier mot », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, en appelant la Russie à « ne pas choisir la guerre ».

Selon elle, « une voie de coopération entre nous et la Russie est encore possible ».

Toutefois, la décision de poursuivre les discussions revient à Moscou selon des diplomates européens.

« Le choix aujourd’hui est un choix entre la guerre et les sacrifices tragiques qui accompagneraient cette guerre ou le courage d’un engagement politique, le courage d’une négociation diplomatique », a expliqué le président du Conseil européen Charles Michel aux députés.

Charles Michel a exhorté la Russie à prendre des mesures concrètes et tangibles en faveur de la désescalade, qui sont la « condition d’un dialogue politique sincère ».

De son point de vue, les deux derniers jours ont montré que la Russie pouvait être ouverte à la diplomatie.

Bien qu’il y ait des « lueurs d’espoir », Mme von der Leyen a toutefois déclaré que la Russie continuait à envoyer des signaux contradictoires.

En début de semaine, Moscou a annoncé qu’elle commencerait à retirer ses troupes des frontières de l’Ukraine. Pourtant, selon le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, et des responsables américains, les signes de « désescalade sur le terrain » de la part des forces russes se font toujours attendre.

Entre-temps, mardi 15 février, le Parlement russe a demandé à M. Poutine de reconnaître officiellement les régions séparatistes de Donetsk et de Louhansk comme des républiques indépendantes, une décision immédiatement critiquée par le Haut Représentant pour les Affaires étrangères de l’Union européenne, Josep Borrell.

S’adressant aux eurodéputés, M. Borrell a déclaré que la Russie porte atteinte à « l’intégrité territoriale d’un État », ce qui menace la sécurité de l’Europe.

« C’est une crise qui est survenue et qui affecte l’ensemble de la structure de sécurité en Europe », a-t-il déclaré.

Les eurodéputés de différents partis ont également exprimé leurs préoccupations concernant la sécurité et la défense du bloc.

« Le développement [en Ukraine] est un signal d’alarme en matière de sécurité et de politique étrangère », a déclaré l’eurodéputé Manfred Weber (PPE).

L’eurodéputée sociale-démocrate Iratxe García Pérez a également demandé à l’UE de se pencher sur sa capacité à répondre aux menaces extérieures.

« Nous ne pouvons pas rester sur la touche comme un spectateur neutre lorsqu’il s’agit de ces questions qui affectent notre sécurité », a-t-elle expliqué.

Les sanctions se profilent à l’horizon

Si la priorité reste la paix, l’UE est prête à répondre par des sanctions si la Russie opte pour une escalade.

« Si le Kremlin choisit la violence face à l’Ukraine, notre réponse sera ferme et unie », a déclaré Mme von der Leyen, ajoutant que la Commission et le service diplomatique de l’UE (le SEAE) ont travaillé à la préparation d’un « paquet robuste et complet de sanctions potentielles ».

Ces mesures comprendraient non seulement le gel des avoirs et l’interdiction de voyager pour les citoyens russes, mais également la limitation de l’accès de Moscou aux composants de haute technologie de l’UE « pour lesquels la Russie dépend presque entièrement de nous ».

Cela aurait un impact négatif sur le développement économique de la Russie, selon Mme von der Leyen.

« Nos sanctions peuvent avoir un impact très fort, et le Kremlin le sait bien », a-t-elle ajouté.

L’approvisionnement en énergie

La présidente de la Commission a également déclaré que l’UE était prête à faire face à une éventuelle interruption de l’approvisionnement en gaz si la Russie « décidait d’instrumentaliser la question énergétique ».

Ces dernières années, a-t-elle dit, le développement des infrastructures a permis à l’Europe d’être mieux équipée en termes de distribution de gaz. En revanche, les récentes discussions avec les États-Unis, le Qatar, l’Égypte et d’autres pays pourraient conduire à une augmentation des approvisionnements de l’UE en gaz et en gaz naturel liquéfié.

Ces mesures placent l’Europe « plutôt du côté de la sécurité pour cet hiver », a-t-elle précisé.