Un diplomate affirme que la Chine veut éviter un conflit commercial sur l'ETS

  Un diplomate chinois a déclaré hier (8mars) que Beijing souhaitait éviter un conflit commercial avec l'Europe après qu'Airbus a accusé le pays de bloquer les achats de ses appareils en représailles contre la mise en œuvre du système européen d'échange de quotas d'émission (ETS).  

EURACTIV.com
china-dont-pay-europa-07-02-2012.jpg
china-dont-pay-europa-07-02-2012.jpg

 
Un diplomate chinois a déclaré hier (8mars) que Beijing souhaitait éviter un conflit commercial avec l'Europe après qu'Airbus a accusé le pays de bloquer les achats de ses appareils en représailles contre la mise en œuvre du système européen d'échange de quotas d'émission (ETS).
 

Le diplomate s'est exprimé quelques heures après l'intervention de Louis Gallois, le directeur exécutif de la société mère d'Airbus, EADS, qui s'est plaint du fait que la société d'aviation subissait des « représailles » de la Chine, qui a notamment refusé d'approuver des commandes pour des vols long-courriers.

« Je pense que cela devrait être interprété comme une démonstration de la force de l'opposition de la Chine face à l'inclusion de l'aviation dans l'ETS », a déclaré à EURACTIV ce haut diplomate sous le couvert de l'anonymat.   

Cependant, si aucun accord n'est conclu, « ces représailles ne s'arrêteront pas là », a-t-il prévenu.

« Nous ne souhaitons pas déclencher une guerre commerciale », a-t-il poursuivi. « Nous espérons que l'UE prendra la bonne décision pour que nous puissions résoudre le problème avec nos partenaires et amis à l'échelle internationale, dans le cadre de l'OACI [Organisation de l'aviation civile internationale] », a expliqué le diplomate.

Il a déclaré n'avoir reçu aucune instruction de Beijing et s'être exprimé à titre personnel.

Bruxelles satisfaite

Isaac Valero Ladron, le porte-parole de la commissaire européenne à l'action pour le climat, Connie Hedegaard, s'est dit satisfait de voir le diplomate chinois reconnaître la nécessité faire de la question de l'aviation une priorité.

« Nous devons à présent poursuivre nos efforts au sein de l'OACI pour tenter de conclure un accord mondial », a-t-il déclaré à EURACTIV dans un commentaire écrit.

« L'UE reste fermement engagée à atteindre cet objectif », a-t-il affirmé. « Dans l'éventualité où un accord mondial ambitieux entrerait en vigueur, nous serions prêts à réviser notre réglementation. »

Les négociateurs au sein de l'OACI auraient réduit leurs options au nombre de deux : un système mondial de plafonnement et d'échange ou un système de compensation.

Seuil et crédits

Ce système d'échange pourrait être similaire à l'ETS de l'UE ou fonctionner comme un système de « seuil et crédits » qui autoriserait les compagnies aériennes à vendre des permis d'émission si leur propre niveau d'émissions est inférieur à un seuil fixé à l'avance, ou à acheter des permis si elles dépassent cette limite. Washington est favorable à cette option.

Le système de compensation pourrait plus simplement impliquer une taxe sur les émissions de l'aviation, afin de lever des fonds pour des projets relatifs à la lutte contre le réchauffement climatique.

EURACTIV a cru comprendre qu'un groupe de travail ad hoc se penchait actuellement sur la question. Les diplomates européens espèrent qu'un accord à l'échelle mondiale pourra être conclu d'ici la fin de l'année.

« On a un peu de temps parce que les restitutions de quotas, c'est-à-dire le moment où les compagnies aériennes devront payer les permis [relatifs aux émissions] qu'elles auront émises en 2012, n'arrivent qu'en avril 2013 », a déclaré à EURACTIV un haut diplomate européen.

« Donc on a le temps de trouver un certain nombre de solutions. »