La France et ses alliés réclament un instrument de défense commerciale européen pour contrer la Chine
Les propositions visant à contrer Pékin interviennent à la veille d'un débat stratégique crucial qui se tiendra vendredi à Bruxelles
L’UE devrait se défendre avec plus de fermeté face à ses principaux concurrents mondiaux, a affirmé un groupe de pays mené par la France dans un document d’orientation consulté par Euractiv, à quelques jours d’un important débat stratégique sur la Chine au sein de la Commission européenne.
Dans le cadre des efforts visant à offrir à l’industrie européenne – mise à mal par la pandémie et les multiples crises énergétiques – de meilleurs moyens de rivaliser avec les entreprises chinoises soutenues par l’État, l’appel en faveur d’une politique commerciale européenne beaucoup plus ferme émane de la France, des Pays-Bas, de l’Espagne, de l’Italie et de la Lituanie.
Le groupe s’accorde à dire que le système commercial fondé sur des règles est « sapé par divers acteurs et par la montée des pratiques commerciales déloyales ».
En réponse, l’Europe « devrait explorer la possibilité de développer un outil de défense commerciale plus large et intersectoriel », soutient le document. En invoquant des préoccupations de sécurité nationale liées, par exemple, à l’emprise de la Chine sur une terre rare donnée, l’Union « pourrait mettre en œuvre des mesures telles que des droits de douane supplémentaires ou des contingents tarifaires, afin de protéger les producteurs européens ».
Les contingents tarifaires, mieux connus sous le nom de quotas, sont depuis longtemps un instrument commercial privilégié à Paris.
Vendredi 29 mai, les hauts responsables de la Commission européenne tiendront un débat sur la stratégie à long terme de l’Union face à la Chine. En 2025, le déficit commercial de l’UE avec la Chine a atteint 360 milliards d’euros, soit une hausse d’un cinquième par rapport à l’année précédente.
Le président français Emmanuel Macron a déjà proposé des « mesures de protection, des mesures de sauvegarde » à l’américaine, similaires aux droits de douane « Section 301 » imposés unilatéralement par Washington sur l’acier chinois en raison de violations du droit de la propriété intellectuelle.
Paris et Berlin se sont affrontés à plusieurs reprises au sujet de la politique commerciale de l’UE vis-à-vis de la Chine – notamment, ni l’Allemagne ni la Pologne n’ont signé le document informel français.
(jp)