Un projet tchèque pour raviver l’intéret des enfants pour les sciences

Tous les mois, EURACTIV présente un projet financé en partie par des fonds européens. La rédaction tchèque d’EURACTIV présente Starttech. Développé par la ville universitaire tchèque de Liberec, cette initiative cherche à susciter l’intérêt des élèves de primaire et de secondaire pour les sciences techniques. Si les objectifs ont été remplis, les gestionnaires du projet critiquent les charges administratives auxquelles ils doivent faire face.

EURACTIV.fr

Tous les mois, EURACTIV présente un projet financé en partie par des fonds européens. La rédaction tchèque d’EURACTIV présente Starttech. Développé par la ville universitaire tchèque de Liberec, cette initiative cherche à susciter l’intérêt des élèves de primaire et de secondaire pour les sciences techniques. Si les objectifs ont été remplis, les gestionnaires du projet critiquent les charges administratives auxquelles ils doivent faire face.

Liberec est la capitale de la région tchèque du même nom (Liberecký kraj), une petite zone montagneuse bordant l’Allemagne et la Pologne qui a une longue tradition dans le textile et l’industrie des machines.

L’Université technique de Liberec (TUL), célèbre pour ses réussites scientifiques récentes en matière de nanotechnologies (nanofibres) et de technologies de transcription de la voix en texte automatisé, a, ces dernières années, tiré la sonnette d’alarme face au nombre stagnant d’étudiants intéressés par les sciences techniques.

Pour inverser cette tendance, l’université a décidé de lancer différentes initiatives comme des journées portes ouvertes, des compétitions et des cours dans des écoles secondaires destinés à susciter l’intérêt des enfants.

En 2009, avec l’aide des fonds du Programme opérationnel Education pour la compétitivité de l’UE, la TUL a lancé un projet baptisé « Starttech – Let’s start with technology« . Il vise à élargir le champ des activités universitaires déjà en place pour y inclure des élèves d’écoles primaires et leurs enseignants.

Le programme est géré conjointement avec la Bibliothèque de recherche de Liberec et l’Ecole technique secondaire de Liberec.

L’éducation technique également soutenue par la région

Ce projet n’est pas la seule initiative qui vise à soutenir une éducation technique dans cette zone. Un projet appelé « TECHyes » espère par exemple relever le niveau de l’éducation technique dans les écoles secondaires.

Cette campagne, dotée d’un portail web  fournit des programmes de bourse pour les étudiants en secondaire, gérés par l’autorité régionale.

La région coopère sur ce projet avec des représentants des entreprises et de l’industrie, comme la Chambre de commerce et l’Association locale des entrepreneurs du bâtiment.

Selon Stanislav Eichler, président de la Région Liberec, la région souhaite empêcher une situation dans laquelle le manque de diplômés saperait la compétitivité à long terme de la région, ou pourrait même devenir un obstacle essentiel dans la fourniture de services publics élémentaires.

Etouffés par trop de paperasse

Comme pour de nombreux projets similaires financés par l’UE la bureaucratie est montrée du doigt par le coordinateur du projet et membre de la Faculté des études mécatronique, informatique et interdisciplinaire. « Nous croulons sous les exigences formelles, la charge excessive de paperasse et les procédures administratives encombrantes », se plaint Miloš Hernych.

Par ailleurs, les règles des offres publiques lui paraissent trop restrictives. Selon lui, la taille de l’université les oblige à suivre des règles plus strictes.

Or, cette contrainte dissuade les fournisseurs. « Dans d’autres circonstances, ils pourraient offrir leurs biens et services à un prix moins élevé, mais ils ne parviennent pas à remplir les exigences formelles de la procédure de sélection », affirme-t-il.

Malgré ces difficultés, M. Hernych salue la coopération avec le ministère de l’Education, la jeunesse et les sports, qui est responsable pour programme opérationnel «Formation à la compétitivité» (OP VK), géré par le ministère (OP VK). « Les fonctionnaires du ministère font vraiment de leur mieux pour nous aider », se félicite-t-il.

Comme les Tchèques deviennent plus familiers avec les règles qui gouvernent l’utilisation des fonds régionaux européens (la République tchèque y est éligible depuis 2004), les autorités de gestion locale affirment que le volume d’erreurs dans les projets de candidatures et les projets de mise en œuvre baissent également, et que les projets de qualité sont de plus en plus nombreux. L’OP VK n’est pas une exception de ce point de vue.

«Le nombre d’erreurs commises par les candidats est en chute», explique Jan Vitula, directeur général de la section des programmes opérationnels de l’UE au ministère de l’Education.

« Le ministère cherche également à empêcher et à minimiser les erreurs relatives aux projets. Nous organisons des séminaires et offrons des consultations personnelles ou téléphoniques aux représentants de l’autorité de gestion», a dit M. Vitula. Un fait confirmé par le coordinateur du projet Starttech.

Les projets souples et leur manque d’efficacité

Reste que les fonds régionaux européens aident la République tchèque à faire face aux défis du pays dans le domaine de l’éducation, estiment des fonctionnaires du ministère interrogés par EURACTIV.cz.

«L’argent européen est un supplément aux financements nationaux que notre pays ne pourrait absolument pas mettre de côté dans la situation actuelle», ajoutent-ils.

«Le rôle des fonds régionaux sera également important à l’avenir», pense M. Vitula. Selon lui, la Commission européenne voit l’éducation comme un point central de ces fonds.

Toutefois, tous les acteurs ne partagent pas ce point de vue positif. Le président de la région Liberec, Stanislav Eichler, fait l’éloge de l’investissement de l’UE dans le développement des infrastructures de transports, dans les zones rurales et urbaines, l’environnement de l’entreprenariat et le tourisme. Ce sont des investissements dans les infrastructures, et dans ces cas-là, l’effet de l’argent européen est tangible.

Il est cependant sceptique sur des projets comme Sarttech, dirigés vers l’investissement dans les ressources humaines.

« Dans des projets souples, comme celui-là, je ne suis pas certain que tout l’argent soit dépensé de façon efficace », explique-t-il, soutenant que les résultats de tels projets sont difficiles à évaluer. Il reconnaît cependant que dans le contexte de la crise économique actuelle, dynamiser la compétitivité et l’éducation, par exemple grâce à la reconversion, est indispensable.

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