Une étude remet en question la sûreté des OGM

Les insecticides présents dans l'une des cultures génériquement modifiée les plus controversée d'Europe, le maïs MON810, pourraient être néfastes pour la santé, ont révélé des chercheurs français et allemands dans le cadre d'une nouvelle étude qui pourrait renforcer les arguments de ceux qui souhaitent limiter la culture d'OGM dans l'UE.

EURACTIV.com
Maize_copyright Monsanto.jpg
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Les insecticides présents dans l'une des cultures génériquement modifiée les plus controversée d'Europe, le maïs MON810, pourraient être néfastes pour la santé, ont révélé des chercheurs français et allemands dans le cadre d'une nouvelle étude qui pourrait renforcer les arguments de ceux qui souhaitent limiter la culture d'OGM dans l'UE.

Cette étude a été publiée alors que les ministres français de l'écologie et de l'agriculture ont demandé cette semaine à la Commission européenne de réclamer l'interdiction à l'échelle de l'UE de la culture de MON810, a rapporté EURACTIV France. Ce maïs est interdit en Autriche, en Allemagne, en Grèce, en Hongrie et au Luxembourg. La France, quant à elle, menace de réimposer sa propre interdiction qui avait été annulée au tribunal si l'UE ne se décide pas à agir.

Christoph Then, qui dirige l'organisme de recherche Testbiotech à Munich, a déclaré qu'il était prouvé que MON810 produisait une toxine qui pouvait être néfaste pour l'Homme via une contamination par le sol, l'eau ou l'alimentation des animaux.

L'étude de Testbiotech, ainsi que des recherches réalisées à l'université de Caen, révèle que les insecticides présents dans le maïs génétiquement modifié et les cultures similaires sont potentiellement risqués pour l'Homme. Cette étude a été publiée le 17 février dernier.

Bien que les résultats ne soient pas concluants et qu'ils soient fondés sur de hautes concentrations de ces toxines, l'équipe franco-allemande de chercheurs a affirmé que leur découverte était surprenante et que les risques liés à ces insecticides avaient été quelque peu négligés dans les évaluations précédentes.

« Nous ne connaissons pas encore l'impact final sur le consommateur, il est trop tôt pour cela », a expliqué M. Then par téléphone. « Nous restons prudents quand nous disons que le risque est élevé pour le consommateur et qu'il faut réaliser des analyses plus approfondies. »

Le mois dernier, Monsanto a annoncé qu'il abandonnerait ses projets de vendre ce maïs en France, bien qu'un tribunal français ait annulé en novembre dernier l'interdiction de vendre du MON810 sur le territoire.

Aussi sûr que le maïs traditionnel

L'entreprise américaine affirme depuis longtemps que le MON810 et les autres cultures génétiquement modifiées sont sûrs et plus respectueux de l'environnement, car ils permettent des rendements supérieurs avec moins de pesticides et moins d'eau que les cultures traditionnelles.

En 2009, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié une évaluation révélant que le maïs MON810 était aussi sûr que le maïs traditionnel s'agissant des effets potentiels sur la santé humaine et animale. Elle a ajouté qu'il n'aurait sans doute pas non plus d'effets néfastes sur l'environnement. Une étude de 2004 réalisée par Parma, une agence de l'UE située en Italie, a abouti aux mêmes conclusions.

Toutefois, les rapports de l'EFSA sur les OGM ont été critiqués par des eurodéputés, des gouvernements nationaux et des chercheurs, dont M. Then de Testbiotech, pour s'être trop appuyés sur les informations fournies par l'industrie.

Reconnaissant qu'il existe des avis divergents sur la question, M. Then réclame que d'autres études indépendantes soient réalisées sur l'utilisation du Bacillus thuringiensis, ou Bt, dans les cultures génétiquement modifiées comme le MON810 pour renforcer leur résistance aux insectes.