Une eurodéputée veut faire du gallois une langue officielle de l’UE [FR]

L’UE est confrontée à une pression grandissante pour reconsidérer le statut des langues régionales et minoritaires et introduire des services de traduction et d’interprétation pour le gallois, le catalan et le basque.

L’UE est confrontée à une pression grandissante pour reconsidérer le statut des langues régionales et minoritaires et introduire des services de traduction et d’interprétation pour le gallois, le catalan et le basque.

L’eurodéputée Jill Evans du parti indépendantiste gallois Plaid Cymru a lancé un appel le 3 juin pour faire du gallois une langue co-officielle au Parlement européen.

Mme Evans déclare qu’elle souhaite que les droits linguistiques de ses compatriotes soient reconnus par les institutions européennes. Elle insiste sur le fait que les Gallois devraient être en mesure de communiquer, en particulier avec le Parlement européen, dans leur langue nationale.

Elle compte prouver que les gens et les organisations utiliseraient le gallois pour communiquer avec les institutions européennes s’ils en avaient l’opportunité et qu’il existe une réelle demande pour des infrastructures en faveur de la langue galloise.

La demande appelle les individus et les institutions au Pays de Galles à gagner la reconnaissance officielle du gallois au niveau européen. Elle a ajouté qu’elle milite depuis des années et qu’elle salue le soutien apporté par de nombreux individus et organisations. 

Alors que les négociations se poursuivent actuellement entre le gouvernement gallois et le Conseil européen sur le statut de la langue et de la traduction du gallois, d’autres minorités linguistiques dans l’UE se font de plus en plus entendre. Le gouvernement espagnol et les autorités locales formulent en effet des demandes similaires pour le catalan et le basque.

Le catalan, parlé en Espagne, en Andorre, dans le Sud de la France et dans une enclave de  la Sardaigne, est une importante langue régionale dans l’Ouest de la Méditerranée. Langue maternelle de plus de sept millions d’individus, le catalan est également beaucoup plus répandu que plusieurs des langues officielles de l’Union européenne.

L’UE compte actuellement 23 langues officielles. Après l’adhésion de la Bulgarie en janvier 2007, l’alphabet cyrillique est également utilisé dans les document officiels européens aux côtés des alphabets latin et grec : un témoignage visible de la diversité du continent.

Alors que l’UE affirme son engagement à sauvegarder sa diversité linguistique et à proposer une communication proche des citoyens dans les langues officielles des Etats membres, le statut des langues minoritaires et régionales reste une question controversée.

La controverse est en partie liée aux coûts de la traduction et de l’interprétation des langues. En 2005, 511 millions d’euros avaient été dépensés pour couvrir les infrastructures relatives aux langues dans les institutions européennes, alors qu’un rapport de l’année dernière élaboré par l’ancien eurodéputé Alexander Stubb s’interrogeait sur la nécessité de traduire chaque document de l’UE dans les langues les moins parlées comme le finlandais, le suédois et le maltais.