Une grève des fonctionnaires des institutions pourrait perturber le prochain sommet

Les syndicats des institutions de l’UE ont prévenu qu’ils pourraient faire grève la semaine prochaine. Cette action menacerait de perturber le sommet européen des 27 et 28 juin si la Commission ne retire pas sa proposition de réforme du statut des fonctionnaires. Selon les syndicats, l’exécutif européen ne met pas les fonctionnaires au fait des dernières évolutions des négociations.

EURACTIV.com
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Les syndicats des institutions de l’UE ont prévenu qu’ils pourraient faire grève la semaine prochaine. Cette action menacerait de perturber le sommet européen des 27 et 28 juin si la Commission ne retire pas sa proposition de réforme du statut des fonctionnaires. Selon les syndicats, l’exécutif européen ne met pas les fonctionnaires au fait des dernières évolutions des négociations.

Lors d'une assemblée générale du personnel hier au siège de l'exécutif européen, le Berlaymont, les syndicats ont déploré « les informations incomplètes » qu'ils reçoivent des négociations tripartites entre le Conseil, la Commission et le Parlement, relatives à la réforme du statut des fonctionnaires des institutions.

 

Ils ont ajouté que les négociations mettaient en péril les conditions d'emploi, de rémunération et de retraite des fonctionnaires.

 

La réunion prévue aujourd'hui (20 juin) avec le vice-président de la Commission en charge de l'administration, Maroš Šef?ovi?, ne peut pas remplacer « un dialogue social réel » qui inclut les représentants du personnel dans les discussions sur la réforme, selon les syndicats.

 

S'ils ne sont pas satisfaits du résultat des négociations tripartites, les syndicats déposeront un préavis de grève dans toutes les institutions à partir du 25 juin afin d'exiger le retrait de la proposition de la Commission. Les syndicats avaient déjà manifesté en amont d'un sommet des dirigeants des États membres de l'UE en février.

 

Près de 60 % du personnel des institutions de l'UE ont participé à la grève du 5 juin, dont l’objectif était identique. Le nombre de grévistes est en règle générale plus élevé au Conseil qu’à la Commission, car les mesures prises par le Conseil affectent plus directement les États membres, en faveur de réductions budgétaires.

Au sein des institutions, le salaire moyen s'élève à 5 000 euros bruts et la retraite moyenne à 4 300 euros.

 

La Commission a proposé une réduction de 5 % du personnel de l'ensemble des institutions entre 2013 et 2017, assortie d'une augmentation de la durée de travail hebdomadaire, de 37,5 à 40 heures, sans compensation salariale. Elle a également proposé un relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans au lieu de 63 ainsi qu'une baisse sensible (de – 18 à – 45 %) des salaires de début et de fin de carrière pour certaines fonctions.

 

Dans l'ensemble, les changements proposés par la Commission réduiraient d'un milliard d'euros le budget de l'UE pour 2014-2020.

 

Certains membres du personnel, dont le salaire est moins élevé, ne participent généralement pas aux grèves, car ils ne veulent pas que leur absence soit déduit de leur salaire. En outre, les revendications syndicales n'intéresseraient pas les fonctionnaires à hauts revenus.

Dès que le préavis de grève est déposé, les institutions s'engagent habituellement à discuter avec les syndicats afin de dresser la liste des fonctionnaires obligés de travailler pendant la manifestation. Les institutions peuvent également mobiliser plus de personnel pour des raisons de sécurité.

 

Une autre assemblée générale sera organisée le 21 juin afin de décider de la suite des évènements.