Ursula von der Leyen exhorte les États membres à intensifier la lutte contre l’immigration illégale
La migration reste une préoccupation majeure pour l’Union et les citoyens attendent une réponse forte, a indiqué jeudi (26 janvier) la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dans une lettre adressée aux chefs d’État.
La migration reste une préoccupation majeure pour l’Union et les citoyens attendent une réponse forte, a indiqué jeudi (26 janvier) la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dans une lettre adressée aux chefs d’État en vue du sommet crucial du mois prochain.
Dans cette lettre, consultée par EURACTIV, Mme von der Leyen a demandé aux gouvernements de travailler ensemble pour renforcer les contrôles aux frontières extérieures de l’UE ainsi que les procédures de retours, réduire les incitations aux mouvements secondaires et promouvoir une solidarité efficace.
La présidente de la Commission estime qu’il s’agit de mesures qui peuvent être immédiatement mises en œuvre alors que les institutions de l’UE travaillent à la création d’un cadre de politiques migratoires.
« L’UE a connu une hausse importante des arrivées irrégulières sur les routes de la Méditerranée et des Balkans occidentaux, les chiffres les plus élevés depuis 2016. La gestion des migrations figure également en bonne place sur la liste des questions auxquelles les citoyens attendent une réponse forte de l’UE », a déclaré Mme von der Leyen dans la lettre.
Selon les dernières données de Frontex, l’agence européenne de surveillance des frontières et des côtes, environ 330 000 passages irréguliers ont été détectés à la frontière extérieure de l’UE en 2022, « soit une augmentation de 64 % par rapport à l’année précédente », indique un communiqué de presse partagé avec les médias.
En outre, un total de 924 000 demandes d’asile ont été déposées dans l’UE27 l’année dernière, soit trois fois plus que le nombre d’arrivées irrégulières, principalement en Allemagne, en France, en Espagne et en Autriche.
Par ailleurs, les capacités d’asile ont été mises à rude épreuve par les quatre millions de réfugiés ukrainiens actuellement accueillis dans l’UE.
« L’impératif de convenir d’une solution structurelle ne signifie pas que nous ne pouvons pas agir maintenant », a-t-elle ajouté, en lançant une série de propositions aux États membres qui seront examinées lors du prochain sommet de l’UE, début février.
Le projet de conclusions pour le sommet de l’UE, vu par EURACTIV, indique que « des mesures rapides sont nécessaires pour garantir des retours effectifs de l’Union européenne vers les pays d’origine en utilisant comme levier toutes les politiques, tous les instruments et tous les outils pertinents de l’UE, y compris le développement, le commerce et les visas, ainsi que les possibilités de migration légale, comme les partenariats destinés à attirer les talents ».
La lettre de la présidente de la Commission exhorte les autorités nationales à collaborer pour remédier aux abus du système dans lequel les demandeurs d’asile dans un État membre présentent une demande dans un autre.
Elle demande également aux gouvernements de s’attaquer aux « retards et aux lacunes dans les procédures aux frontières et en matière de retours », de réduire les incitations aux mouvements secondaires et d’utiliser le mécanisme de relocalisation volontaire pour soutenir les pays en première ligne.
La lettre souligne également l’importance de négocier de nouveaux accords avec les pays tiers « pour améliorer la gestion des migrations et des retours ».
Elle a souligné l’importance de conclure la « feuille de route », un ensemble de dossiers législatifs sur la migration que les institutions de l’UE se sont engagées à finaliser avant les prochaines élections européennes au printemps 2024.
Parmi ces dossiers figure le Pacte sur la migration et l’asile, pour lequel des « progrès satisfaisants » ont été réalisés, a écrit la présidente de la Commission.
Des points similaires ont été abordés par la présidence suédoise lors d’une conférence de presse jeudi, après la première journée de réunion du Conseil Justice et affaires intérieures.
« Nous avons commencé les discussions par une session de travail sur la migration et l’asile, en mettant l’accent sur la réduction de la pression de la migration clandestine vers l’UE par une coopération efficace avec les pays de retours », a déclaré la ministre suédoise de la Migration Maria Malmer Stenergard lors de la conférence de presse.
« Assurer le retour effectif des migrants irréguliers est essentiel pour garantir la crédibilité des politiques de l’UE dans le domaine de la protection internationale et de la migration légale », a-t-elle ajouté.
En début de semaine, l’exécutif européen a dévoilé une nouvelle stratégie visant à augmenter les retours de migrants, en demandant aux gouvernements de veiller à ce qu’une décision de retour suive immédiatement une décision de fin de séjour.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]