Volodymyr Zelensky demande l'interdiction du pétrole russe par l'UE

Alors que l’encre du cinquième volet de sanctions contre la Russie est à peine sèche, l’UE se doit d'inclure le pétrole dans le sixième volet, a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky en s’adressant aux législateurs lituaniens mardi (12 avril).

EURACTIV.com
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Le cinquième volet de sanctions a été adopté vendredi (8 avril). Il vise principalement le charbon, ce qui coûtera à la Russie au moins 8 milliards d’euros chaque année. Pourtant, le président ukrainien fait pression pour aller plus loin, alors que les atrocités commises dans son pays ne cessent d’être révélées. [[LRS/Olga Posaškova]]

Alors que l’encre du cinquième volet de sanctions contre la Russie est à peine sèche, l’UE se doit d’inclure le pétrole dans le sixième volet, a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky en s’adressant aux législateurs lituaniens mardi (12 avril).

Le cinquième volet de sanctions a été adopté vendredi (8 avril). Il vise principalement le charbon, ce qui coûtera à la Russie au moins 8 milliards d’euros chaque année. Pourtant, le président ukrainien fait pression pour aller plus loin, alors que les atrocités commises dans son pays ne cessent d’être révélées.

« L’UE envisage déjà un sixième volet de sanctions à l’encontre de la Russie, du jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale. On ne sait pas encore si le pétrole et le gaz y seront inclus, en dépit des massacres à Boutcha et dans d’autres villes, des déportations et des villes détruites et bombardées », a déclaré M. Zelensky.

Il a ajouté que malgré la situation en Ukraine, « certains pays ne parviennent toujours pas à décider quand ils limiteront au moins un peu l’achat de ressources énergétiques à la Russie ».

Avant l’adoption du cinquième volet de sanctions, le ministre lituanien des Affaires étrangères, Gabrielius Landsbergis, a déclaré que l’interdiction du charbon russe, le retrait de quatre banques du réseau SWIFT et la restriction des ports et des frontières avec quelques exceptions n’étaient pas suffisants.

Il a averti qu’« une réponse faible n’est qu’une invitation à de nouvelles atrocités », ajoutant qu’« elle pourrait et devrait être plus forte ».

La Lituanie, suivie de la Lettonie et de l’Estonie, ont été les premiers membres de l’UE à interdire le gaz russe, Vilnius ayant ouvert la voie début avril.

La semaine dernière, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que son institution travaillait à l’inclusion des importations de pétrole dans les futures sanctions. Parallèlement, le Parlement européen a également appelé à une interdiction du pétrole, du charbon, du gaz et du combustible nucléaire, bien que cette décision ne soit pas contraignante.

Les États-Unis ont déjà interdit le pétrole russe, tandis que le Royaume-Uni l’éliminera progressivement d’ici à la fin de l’année.

Toutefois, selon des diplomates européens, il est peu probable que les discussions sur le sixième volet de sanctions de l’UE entrent dans une phase concrète avant les vacances de Pâques, à moins que la situation sur le terrain en Ukraine ne s’aggrave.

Mais cela ne suffit pas, selon M. Zelensky. « Si le pétrole n’est évoqué que dans le sixième volet de sanctions, alors le monde n’a pas encore compris quelle guerre la Russie a déclenchée », a-t-il déclaré aux législateurs lituaniens.

« S’il n’y a toujours pas de clarté concernant le gaz russe, alors personne ne peut être sûr qu’il y aura une unité en Europe pour mettre fin aux crimes de guerre russes afin de forcer la Russie à la paix », a-t-il ajouté dans son discours, affirmant que le pétrole devrait être inclus dans le sixième volet.

Le président a également demandé que toutes les banques russes fassent l’objet de sanctions, et non pas seulement certaines. Il a demandé à l’UE de prendre une décision et de se mettre d’accord sur leurs dispositions, car lorsqu’ils refuseront d’utiliser le gaz et le pétrole russes, Moscou comprendra qu’ils doivent œuvrer pour la paix.

Les crimes de guerre restent impunis

M. Zelensky a également attiré l’attention sur les crimes de guerre perpétrés par la Russie, notamment les massacres, la torture, la déportation de 100 000 personnes et les viols de femmes et d’enfants. Ces crimes incluraient également le viol d’un enfant en bas âge, que l’agresseur, un soldat russe, aurait filmé.

« Il est horrible de parler de cela, mais c’est la vérité, et cela s’est produit », a déclaré M. Zelensky. Il a souligné que les crimes de guerre ne pouvaient être commis sans ordre de leur chef ou sans qu’il en ait eu connaissance.

Il a ajouté que la Russie est persuadée que son pouvoir en matière de gaz et de pétrole lui permettra de rester impunie.

« Si la Russie savait qu’elle ne pouvait pas s’en sortir, personne n’aurait probablement pris la décision de déclencher la moindre guerre ».

À la fin de son discours, il a averti la Lituanie et l’UE que la Russie a d’autres ambitions similaires ailleurs.

« L’Ukraine n’est qu’un début. Ensuite, Dieu vous en préserve, ce sera votre pays [la Lituanie], d’autres pays baltes, la Moldavie, la Géorgie, la Pologne », a déclaré M. Zelensky, ajoutant que Moscou menace déjà la Finlande et la Suède.

« Et comment l’Europe pourrait-elle arrêter la poursuite de l’expansion de la Russie si elle ne peut pas stopper M. Poutine aujourd’hui en Ukraine ? » a-t-il demandé.