Aux Pays Bas, voyage au centre de la flexicurité
La flexicurité est une pratique désormais familière aux travailleurs néerlandais et leur taux de chômage est bas. Mais en quoi consiste concrètement le troc flexibilité contre sécurité ? Dans un article publié par METIS, un site internet spécialisé dans les questions sociales, le consultant, Wim Sprenger, revient la flexicurité version néerlandaise.
La flexicurité est une pratique désormais familière aux travailleurs néerlandais et leur taux de chômage est bas. Mais en quoi consiste concrètement le troc flexibilité contre sécurité ? Dans un article publié par METIS, un site internet spécialisé dans les questions sociales, le consultant, Wim Sprenger, revient la flexicurité version néerlandaise.
Imaginez vous en train de visiter le centre d’appel d’une multinationale de la finance, ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Vous entrez dans le monde de la flexicurité dans toutes ses dimensions. Vous allez voir de nombreux employés, rivés au téléphone et guidés par les mêmes systèmes logistiques. Performances, temps d’attente des clients entrants, nombre de conversations simultanées, sont affichés en permanence sur de grands écrans digitaux. Les rendements individuels sont mesurés et enregistrés à des fins d’évaluation et d’amélioration des politiques de qualité.
A priori, ces employés ont tous la même activité et semblent donc « égaux ». Ils partagent le même environnement de travail, les mêmes chefs, la même technologie d’information, leurs emplois ont les mêmes caractéristiques. C’est la flexibilité à laquelle ils sont soumis qui fait les différences. Certains bénéficient d’une sécurité professionnelle de qualité, les autres sont moins bien protégés et soumis à différentes formes de flexibilité. Ensemble, ils forment un système de flexicurité, fruit de nouvelles réglementations, de stratégies managériales et quelquefois de choix individuels.
Entre 50 et 60% des employés de notre centre d’appel bénéficient d’un contrat permanent. Ils ont une semaine dite « flexible » toutes les 13 semaines environ, une semaine dont les horaires de travail varient dans le cadre des 168 heures d’amplitude du centre. Ils peuvent choisir leurs horaires de travail pour les 12 semaines suivantes. Les autres salariés viennent d’entreprises spécialisées ou d’agences d’intérim. Certains sont en période d’essai (6 mois ou plus) et peuvent espérer un contrat permanent. D’autres présentent trop de risques pour l’employeur et quitteront le centre d’appel après deux contrats temporaires. Tous ces salariés ont une semaine flexible toutes les 3 ou 4 semaines. Ils supportent de fait tout le poids de la flexibilité et permettent aux autres salariés de bénéficier de la sécurité.
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