Les dirigeants européens peinent à résoudre l’équation AstraZeneca-Royaume-Uni

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Selon le projet de conclusions consulté par Euractiv, « le Conseil souligne l’importance de la transparence et se félicite de l’extension du régime d’autorisation des exportations ».

Les dirigeants de l’UE ne savent pas comment gérer les retards de livraison des vaccins Covid-19 de la société pharmaceutique britanno-suédoise AstraZeneca. La question sera abordée lors d’une visioconférence qui se tiendra dans le courant de la semaine. Mais, quelle que soit la voie suivie par l’UE, elle aura des conséquences.

Selon le projet de conclusions consulté par Euractiv, « le Conseil souligne l’importance de la transparence et se félicite de l’extension du régime d’autorisation des exportations ».

L’exécutif européen a déclaré qu’AstraZeneca n’avait livré que 30 % des 90 millions de doses promises pour le premier trimestre de l’année. L’UE estime que le Royaume-Uni a imposé une interdiction de facto des exportations de vaccins, ce que Londres a refuté.

La chancelière allemande Angela Merkel a exprimé mardi (23 mars) son soutien à la menace de la cheffe de l’exécutif européen Ursula von der Leyen de bloquer les exportations des vaccins AstraZeneca produits en Europe, révèle Reuters. « Nous avons un problème avec AstraZeneca », a indiqué Mme Merkel.

La France et l’Italie ont adopté une ligne similaire.

En revanche, l’Irlande a fait part de ses inquiétudes à ce sujet. Le Premier ministre irlandais Micheal Martin a soutenu dans une interview à la radio qu’une interdiction d’exportation était « une mesure fortement rétrograde ».

« J’ai rencontré toutes les entreprises et il est absolument vital que nous conservions les chaînes d’approvisionnement. Si vous prenez le vaccin Pfizer, 280 matériaux entrent dans sa fabrication ; 86 fournisseurs fournissent ces matériaux à partir de 19 pays dans le monde », a expliqué le Taoiseach irlandais, ajoutant que « si vous commencez à ériger des barrières, d’autres pays pourraient suivre le mouvement en ce qui concerne certaines de ces matières premières qui sont nécessaires ».

L’industrie pharmaceutique européenne s’est également opposée à une telle démarche, affirmant qu’elle pourrait potentiellement entraîner des mesures de représailles au niveau mondial contre l’UE. Des sources ont récemment déclaré à Euractiv que si, par exemple, l’Inde imposait une interdiction d’exportation de matériaux, les usines européennes ne seraient pas en mesure de produire des vaccins.

La Haye propose une voie médiane.

Un fonctionnaire néerlandais a indiqué à Euractiv que le Royaume-Uni, l’UE et AstraZeneca devraient parvenir à un accord sur la manière de « partager équitablement le retard ».

« Si cela ne fonctionne pas, une demande d’exportation pourrait finir par être bloquée par la Commission et les États membres », a fait savoir le fonctionnaire.

Ce dernier a ajouté que les vaccins étant le résultat d’une chaîne d’approvisionnement mondiale intégrée, les Pays-Bas restaient en principe favorables à la préservation de la chaîne d’approvisionnement en autorisant la poursuite des exportations, sauf décision contraire de la Commission.

Parallèlement, le représentant a maintenu que nous devions éviter un point de basculement où les exportations continueraient vers les pays tiers alors que l’approvisionnement du continent par AstraZeneca serait bloqué.

« Nous serions confrontés à un scénario perdant-perdant. Pour éviter cela, Bruxelles et Londres, ainsi qu’AstraZeneca, doivent faire un compromis sur les doses produites sur le continent. »