« La politique d’immigration française repose sur de fausses vérités »

L’eurodéputée (Les Verts/ Alliance libre européenne) a présenté au Parlement européen le rapport d’un comité d’élus nationaux et européens sur la politique française de l’immigration.

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L’eurodéputée (Les Verts/ Alliance libre européenne) a présenté au Parlement européen le rapport d’un comité d’élus nationaux et européens sur la politique française de l’immigration.

Le rapport, présenté mercredi 11 mai au Parlement européen, est un projet de députés nationaux et européens, et de sénateurs français. Pourquoi avoir pris cette initiative? 

Depuis le pacte européen sur l’immigration et l’asile en 2008, adopté pendant la présidence française de l’Union européenne, la France revendique être l’inspiratrice de la politique d’immigration de l’UE. 

Or, dans le discours français, l’immigration est devenue une charge, un problème. Le but de notre travail était de mettre les choses à plat, en bénéficiant d’analyses d’experts.  

Comment s’est organisé votre travail ?

Nous avons lancé de très nombreuses invitations, à des chercheurs, démographes, historiens, économistes, avocats mais aussi membres d’associations et syndicats. Nous souhaitions cibler tous les acteurs du débat migratoire. Certains proches du gouvernement français ont également été approchés, mais aucun n’a répondu présent. 

Cette logique de travail est une première et s’est révélée très fructueuse. Elle sera sans doute répétée sur d’autres problématiques.

Quel est le premier constat de votre rapport?

Notre hypothèse de départ a bien été confirmée : la politique d’immigration française repose sur de fausses vérités, et des préjugés stigmatisants. La France et le continent européen n’accueillent pas toute la misère du monde.

Les immigrés sont en majorité des personnes compétentes et formées, disposant d’un niveau de qualifications égal au nôtre. Le rapport souligne que l’arrivée de nouveaux immigrés ne pèserait en rien sur les finances publiques. Cela permettrait au contraire un meilleur équilibre des budgets sociaux, et une augmentation de la consommation.

Mais le texte ne montre pas uniquement l’apport économique de ces nouveaux arrivants. Il insiste aussi sur le gain culturel et le renforcement du lien social dans notre société.

Dans quelle mesure cette analyse peut-elle participer à l’actuel débat sur l’immigration européenne?

A court terme, ce texte n’aura pas d’ effet sur les négociations qui se tiennent autour de l’espace Schengen. Le but de nos efforts est de proposer un document de travail, et de servir de support à tous les acteurs de cette politique. Il faut réfléchir à une nouvelle façon de la considérer.

A long terme, le rapport pourrait constituer le point de départ d’une autre politique d’immigration européenne.

Envisagez-vous de le présenter et d’en discuter avec les membres du gouvernement français?

Nous pourrons éventuellement leur envoyer le document. Mais n’ayant pas répondu à nos précédentes invitations, il est trés peu probable qu’ils acceptent d’engager un débat sur ce sujet.