« Les échelons locaux doivent davantage prendre part au débat européen »

Margot Wallström, vice-présidente de la Commission européenne en charge des relations institutionnelles et de la stratégie de communication, évoque, pour EURACTIV.fr, les enjeux des assises de la subsidiarité organisées au Sénat le 24 octobre et les prochaines échéances de la Présidence française de l’UE.

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Margot Wallström, vice-présidente de la Commission européenne en charge des relations institutionnelles et de la stratégie de communication, évoque, pour EURACTIV.fr, les enjeux des assises de la subsidiarité organisées au Sénat le 24 octobre et les prochaines échéances de la Présidence française de l’UE.

EURACTIV.fr : Vous étiez présente aux Assises de la subsidiarité organisées au Sénat. Quels sont les enjeux de l’application de ce principe au niveau européen?

Margot Wallström : La notion de subsidiarité est un principe conducteur très important pour la Commission européenne. J’ai pensé que l’ensemble des participants ici présents devaient être intéressés par la manière dont la Commission applique ce principe. Ce que j’ai notamment essayé d’expliquer, c’est que les échelons locaux, régionaux et nationaux doivent davantage prendre part au débat européen, qui concerne l’ensemble des citoyens. La subsidiarité peut participer à la diffusion des idéaux européens.

La Présidence française de l’Union européenne s’est fixée comme objectif d’obtenir un accord sur le paquet énergie climat d’ici la fin de l’année. Pensez-vous que les États membres sont en mesure de trouver un accord dans ces délais?

Je l’espère. Pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale, il est absolument nécessaire de finaliser rapidement le paquet énergie climat. A ce titre, j’ai été satisfaite de voir que le dernier Conseil européen d’octobre n’avait remis en question ni l’agenda ni les objectifs généraux du paquet. Afin de confirmer le rôle de leader de l’UE dans la lutte contre le réchauffement climatique, il est nécessaire de parvenir à un accord.

Mais certains États européens se montrent de plus en plus soucieux de protéger leur industrie…

Bien sûr, de la part de certains États membres, il existe cette tentation de faire de la crise financière un argument pour freiner le paquet énergie climat. Mais je pense que nous devons résister à ces prises de position. Selon moi, deux choix s’offrent aux Européens. Soit nous décidons dès maintenant de prendre des mesures pour lutter contre le réchauffement climatique, ce qui implique nécessairement des coûts financiers. Nous pouvons donc décider de payer tout de suite et de manière efficace contre le réchauffement climatique. Soit nous décidons de payer plus tard, mais alors nous paierons beaucoup plus. Ce sont les deux seules options qui s’offrent à nous.

L’entrée en vigueur du traité de Lisbonne est en grande partie conditionnée à une ratification irlandaise. Est-il encore possible que l’UE se dote du nouveau traité avant les prochaines élections européennes? 

En prévision des élections européennes de juin 2009, j’eusse espéré que le traité de Lisbonne soit ratifié par les 27 États membres. Cependant, aujourd’hui, nous sommes nombreux à penser que cela ne sera probablement pas le cas. L’Irlande doit présenter en décembre des éléments de solution. Mais nous devons être réalistes, il n’est pas certain que les Irlandais trouvent une solution si vite. Il semble plus probable que les prochaines élections européennes se déroulent avec le traité de Nice.