A Paris, des milliers d'opposants iraniens, soutenus par Mike Pence, manifestent contre Téhéran
Des milliers de membres d'un mouvement d'opposition iranien, dont beaucoup brandissaient l'ancien drapeau impérial d'Iran, ont manifesté samedi 1er juillet à Paris contre le régime de Téhéran, soutenus notamment par l'ex-vice-président américain Mike Pence.
Des milliers de membres d’un mouvement d’opposition iranien, dont beaucoup brandissaient l’ancien drapeau impérial d’Iran, ont manifesté samedi 1er juillet à Paris contre le régime de Téhéran, soutenus notamment par l’ex-vice-président américain Mike Pence.
Venus des quatre coins de l’Europe, comme en attestaient des dizaines de bus en provenance notamment d’Allemagne, de Pologne, ou de Scandinavie, dont certains arboraient sur leur pare-brise une pancarte FreeIran (« Libérez l’Iran »), la foule était réunie à l’appel du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) – une des principales organisations d’opposition hors d’Iran.
« Je suis là pour être la voix du peuple iranien, pour que le peuple soit entendu », a déclaré Massoumeh Raouf, une ancienne journaliste et ex-prisonnière politique iranienne, qui dit s’être évadée de prison en 1982 et être arrivée en France en 1985, où elle est réfugiée politique.
Voir cette manifestation « va donner du moral aux Iraniens sur place », a affirmé à l’AFP cette membre du CNRI, ajoutant : « Nous ne voulons ni le régime des mollahs, ni le régime du shah. Les Iraniens ne veulent pas revenir vers l’arrière. Nous avançons vers la démocratie ».
Autour d’elle de très nombreuses personnes brandissaient l’ancien drapeau impérial d’Iran, où au milieu des couleurs verte, blanche et rouge, un lion brandissant une épée a été remplacé en 1980, après la révolution islamique, par une calligraphie arabe signifiant Allah.
Alors que les organisateurs indiquaient avoir réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes, ce qu’un correspondant de l’AFP n’a pu vérifier, il n’avait pas été possible à 19H00 (17H00 GMT) d’obtenir un décompte des autorités françaises.
Au même moment, le CNRI, la vitrine politique de l’Organisation des moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI ou MEK), une organisation considérée comme « terroriste » par Téhéran, tenait une réunion à Auvers-sur-Oise (nord de Paris), à laquelle a notamment participé l’ex-vice-président américain Mike Pence, l’ex-Première ministre britannique Liz Truss ou l’ancien secrétaire d’Etat américan Mike Pompeo.
« L’apaisement à l’égard du régime des mollahs peut conduire à davantage d’effusion de sang parmi notre peuple et notre résistance, allonger la liste des exécutions et remplir davantage de prisons », a lancé Maryam Rajavi, la présidente du CNRI.
« Inévitable chute »
Le rassemblement visait à mobiliser contre la répression des manifestations en Iran consécutives à la mort en septembre de Mahsa Amini, arrêtée pour non-respect du code vestimentaire très strict imposé aux femmes en Iran.
« Il ne servira à rien de protéger Khamenei (le guide suprême iranien, NDLR) de son inévitable chute. (…) Tout comme la dictature du Shah, la dictature religieuse est au bord de l’effondrement », a estimé Mme Rajavi dans un discours retransmis en direct aux manifestants.
« Le régime iranien n’a jamais été aussi faible qu’aujourd’hui. Sa seule préoccupation est de maintenir son emprise précaire sur le pouvoir, qui s’affaiblit de jour en jour », a déclaré Mike Pence.
« Aucun régime oppresseur ne peut durer éternellement », a-t-il ajouté. « De même que le monde libre doit soutenir l’Ukraine, l’Amérique soutiendra le peuple iranien contre la tyranie », a encore dit l’ex-vice-président américain, alors que de nombreux drapeaux ukrainiens étaient également visibles dans la foule à Paris.
« Toute l’approche pour le moment de la communauté internationale envers le régime des mollahs tourne autour d’un accord sur le nucléaire. Mais pendant ce temps, près de mille jeunes gens ont été exécutés en 2002 et 2023 », a observé l’ex-Premier ministre belge Guy Verhofstadt, présent à la manifestation.
Et le désormais député européen d’appeler à « renforcer les sanctions » contre Téhéran, quand seulement 216 de ses cadres sont selon lui sous ce statut.
« C’est très important de montrer que nous sommes ici, dans un pays démocratique, et que nous poursuivons leur résistance », a de son côté estimé Yegame Samini, 30 ans, une étudiante iranienne vivant en Norvège depuis une douzaine d’années.
« Si la jeunesse d’Iran voit les vidéos d’ici, elle y verra vraiment un signe de soutien », a acquiescé Asal Rezapour, une étudiante luxembourgeoise d’origine iranienne. « Nous on est dehors, on pourrait aussi vivre notre vie (et passer à autre chose, NDLR). Mais à la fin, on est toujours avec eux ».