Abandon des charges d’agression sexuelle contre DSK

Hier (23 août), un juge new-yorkais a abandonné toutes les charges de crime sexuel contre l’ancien directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, le laissant libre de retourner en France et de tenter de reconstruire sa carrière brisée.  

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Hier (23 août), un juge new-yorkais a abandonné toutes les charges de crime sexuel contre l’ancien directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, le laissant libre de retourner en France et de tenter de reconstruire sa carrière brisée.

 

Cette décision met fin à une affaire qui a donné lieu à trois mois de gros titres sordides des deux côtés de l'Atlantique, alors que Dominique Strauss-Kahn était accusé par une femme de chambre d'avoir tenté de la violer et de l'avoir forcée à effectuer une fellation, dans la suite de son hôtel de luxe à Manhattan.

Les procureurs ont pris le parti, une fois n'est pas coutume, de demander l'abandon des charges après avoir découvert des contradictions dans le discours de la femme de chambre, qui remettent en cause sa crédibilité.

Dominique Strauss-Kahn, a quitté le tribunal les traits tirés mais avec le sourire, en compagnie de sa femme Anne Sinclair ; il a déclaré que sa vie était devenue un « cauchemar » et qu'il n'avait rien d'autre à dire à propos de cette affaire.

« J'ai hâte de rentrer dans mon pays mais j'ai encore quelques petites choses à faire avant de pouvoir partir. Je m'expliquerai plus longuement quand je serai de retour », a-t-il ensuite ajouté.

M. Strauss-Kahn faisait partie des favoris pour la prochaine élection présidentielle en France, avant d'être d'arrêté le 14 mai en première classe d'un vol reliant New York à Paris. Il a démissionné du FMI quatre jours plus tard, ses rêves politiques anéantis.

Un retour rapide en France semble difficile pour cet homme politique de haut rang. Les détails sordides de cette affaire et de ses relations sexuelles passées ont scandalisé et tenu en haleine les Français, d'ordinaire indulgents sur ces questions. Sa réputation a été ternie et sa place dans les sondages a fortement chuté.

Il fait toujours l'objet de poursuites au civil intentées au nom de la femme de chambre et d'une enquête indépendante en France, suite à une accusation de tentative de viol formulée par une auteur, qui serait survenue lors d'un entretien en 2003.

Les juristes du cabinet de Cyrus Vance, procureur de Manhattan, ont affirmé lundi qu'ils doutaient de la véracité des faits avancés par la femme de chambre, Nafissatou Diallo, une immigrée guinéenne de 32 ans.

Si son récit de l'agression est demeuré inchangé, elle a menti à plusieurs reprises sur son passé et sur ce qui s'était passé immédiatement après l'incident, dans cette chambre à 3 000 dollars la nuit d'un hôtel Sofitel à New York, selon les avocats.

Dominique Strauss-Kahn a nié l'agression sexuelle dès le début. Son avocat, Ben Brafman, a confié à Reuters lors d'un entretien, après l'abandon des charges : « le rapport a été rapide, il a été consenti et elle y a participé de plein gré ».

« En combat singulier, elle sortirait certainement victorieuse s'ils devaient se battre à mains nues. Elle n'est pas petite", a-t-il poursuivi.

Si du sperme a été trouvé sur l'uniforme de la femme de chambre, dans la chambre d'hôtel et sur les sous-vêtements de Dominique Strauss-Kahn, les avocats ont déclaré qu'il était impossible de prouver l'absence de consentement, ce qui ne ferait reposer l'affaire que sur la crédibilité de l'accusatrice.

Mais son témoignage ayant changé à plusieurs reprises, et des mensonges quant à son passé ayant peu à peu été dévoilés, les avocats ont conclu, dans un dossier de 25 pages : « si nous ne pouvons pas la croire au-delà du doute raisonnable, nous ne pouvons pas demander à un jury de le faire ».

Les avocats de la femme de chambre ont demandé la nomination d'un procureur spécial au juge de la Cour suprême de l'Etat de New York, Michael Obus. Ce dernier a toutefois rejeté cette requête.

Avenir politique ?                           

Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre français des finances, pourrait faire un retour remarqué dans la vie publique française, mais étant donné son image ternie par l'attention médiatique, la plupart des analystes politiques doutent qu'il se présente face à Nicolas Sarkozy pour l'élection d'avril prochain.

« Quoiqu'il ait été dit, un homme qui a des compétences comme Dominique Strauss-Kahn peut être utile à son pays dans les mois et les années qui viennent », a déclaré François Hollande, favori des six candidats aux primaires socialistes, sur France Inter, une station de radio.

Prié de s'exprimer sur la possibilité que Dominique Strauss-Kahn prenne part au vote sur le choix du candidat socialiste à la présidentielle, il a répondu : « Ca dépend de lui ».

Les socialistes français ont été soulagés de voir les charges abandonnées et ont affirmé qu'ils espéraient que l'ancien directeur du FMI retournerait à la vie publique, où son expertise en économie mondiale était précieuse.

Si officiellement, les candidats socialistes avaient jusqu'au 13 juillet pour se présenter aux primaires, qui auront lieu en octobre, les commentaires de François Hollande laissaient entendre que Dominique Strauss-Kahn pourrait encore prendre part à cette élection.

Un sondage d'opinion, réalisé en juillet alors que les avocats avaient reconnu que la crédibilité de Nafissatou Diallo avait été mise à mal par un ensemble d'incohérences, indiquait que les votants étaient divisés quant à la candidature potentielle de l’éléphant du PS.

Ce sondage, réalisé pour le journal Le Parisien, a montré que 49 % des personnes interrogées voulaient que l'ancien ministre des finances revienne en politique un jour, mais 45 % s'y sont montrés défavorables.

EURACTIV avec Reuters – Article EURACTIV traduit de l'anglais