L'activité économique de la zone euro redémarre malgré les taxes de Donald Trump
L'économie de la zone euro semble progressivement reprendre de la vigueur, expliquent les analystes.
L’activité économique de la zone euro a atteint ce mois-ci son plus haut niveau depuis près d’un an, selon une enquête publiée jeudi, alors que les industries allemandes sont en phase de redémarrage, malgré les droits de douane imposés par Donald Trump.
L’indice composite provisoire des directeurs d’achat (PMI) de la zone euro, qui mesure l’activité globale dans le secteur manufacturier et les services, est passé de 50,6 à 51,0 entre juin et juillet, son plus haut niveau depuis onze mois, dépassant la barre des 50 points qui sépare la croissance de la contraction.
L’Allemagne, première économie de la zone euro, a poursuivi son expansion, même si son taux de croissance a légèrement ralenti, passant de 50,4 à 50,3. L’activité en France, deuxième économie de la zone euro, a également atteint son plus haut niveau depuis onze mois, mais est restée en territoire négatif à 49,6.
« L’économie de la zone euro semble reprendre progressivement de la vigueur », explique Cyrus de la Rubia, économiste en chef de la Hamburg Commercial Bank (HCOB), qui compile l’indice en collaboration avec S&P Global.
« L’Allemagne joue ici un rôle clé et, avec d’autres pays, a réussi à compenser largement la faiblesse de la France », a-t-il ajouté, soulignant que « l’industrie française doit également retrouver ses marques » pour que les fabricants de la zone euro « renouent avec une croissance solide sur le long terme ».
Cyrus de la Rubia a également souligné que « même des droits de douane américains plus élevés ne devraient pas modifier fondamentalement » la reprise de l’industrie manufacturière allemande, stimulée par les promesses du gouvernement d’augmenter les investissements dans les infrastructures et la défense jusqu’à 1 000 milliards d’euros au cours de la prochaine décennie.
Les droits de douane imposés par Donald Trump sur l’acier, l’aluminium et les voitures ont cependant porté un coup dur aux fabricants allemands, en particulier au secteur automobile, très dépendant des exportations, qui souffre déjà d’une faible demande et de la concurrence féroce des constructeurs chinois de véhicules électriques.
Les États-Unis sont la première destination des exportations automobiles allemandes, avec 450 000 véhicules d’une valeur d’environ 21 milliards d’euros expédiés outre-Atlantique en 2024, selon le département américain du Commerce.
En France, l’incertitude est aggravée par le projet de budget du Premier ministre François Bayrou, présenté la semaine dernière aux députés et visant à faire des économies budgétaires de 44 milliards d’euros en 2026.
Jonas Feldhusen, économiste junior chez HCOB, a déclaré que l’économie française devrait connaître des difficultés, que les plans de François Bayrou soient finalement approuvés ou non par une Assemblée nationale profondément divisée.
« Si un accord sur le plan d’austérité est conclu, il réduirait le revenu disponible de nombreux ménages, ce qui présenterait des risques évidents pour la demande intérieure, en particulier dans le secteur des services », explique Jonas Feldhusen. « À l’inverse, l’échec des négociations budgétaires pourrait aggraver l’incertitude politique. »