Angela Merkel confrontée à l’opposition de son parti aux quotas de femmes
La chancelière Angela Merkel pourrait essuyer un revers embarrassant au Bundestag le 18 avril si les députés de sa coalition de centre-droit rompent les rangs et soutiennent le texte de loi de l’opposition qui impose aux entreprises allemandes d’engager plus de femmes cadres.
La chancelière Angela Merkel pourrait essuyer un revers embarrassant au Bundestag le 18 avril si les députés de sa coalition de centre-droit rompent les rangs et soutiennent le texte de loi de l’opposition qui impose aux entreprises allemandes d’engager plus de femmes cadres.
La menace d'une rébellion plane cinq mois avant la tenue d'élections en Allemagne, au cours desquelles Angela Merkel tentera de briguer un troisième mandat. La ministre du travail Ursula von der Leyen, fait partie des conservateurs qui pourraient voter avec l'opposition. Elle indique que les engagements volontaires afin de nommer davantage de femmes se sont révélés inefficaces.
La mesure imposerait aux 30 plus grandes entreprises allemandes cotées de réserver aux femmes 40 % de leurs sièges au sein de conseil de surveillance d'ici 2023. Elle est issue de la Chambre haute du parlement, où les sociaux-démocrates (SPD) de l'opposition et leurs alliés Verts ont obtenu une majorité en début d'année.
Alors que les élections approchent et que le parti d'Angela Merkel est loin devant dans les sondages, l'opposition de centre-gauche tente de perturber la campagne de la chancelière.
Outre les quotas de femmes, la gauche envisage d'utiliser sa nouvelle majorité au Bundesrat afin d'imposer des votes sur d'autres thèmes qui divisent les conservateurs, dont un traitement fiscal équitable pour les couples homosexuels et des subventions pour les parents au foyer.
Le gouvernement du centre-droit de la chancelière allemande perdrait la bataille sur les quotas de femmes si 21 législateurs de son parti ou plus votent avec l'opposition.
« Nous ne les laisserons pas nous diviser », a déclaré Volker Bouffier, le président de la CDU du land de Hesse, un détracteur des quotas. Julia Klöckner, vice-présidente de la CDU, s'oppose également aux quotas. Elle a soutenu que le vote imminent était un stratagème de l'opposition en vue des élections de cette année.
« Pourquoi devrions-nous tomber dans le piège ? », s’est-t-elle demandée.
Question explosive pour Angela Merkel
À la Chambre basse, un groupe de 25 députés de la coalition a signé une « Déclaration de Berlin » qui soutient l'introduction des quotas. Cette déclaration imposerait dans un premier temps que les femmes occupent un siège sur cinq au sein de conseils d'administration d'ici 2018.
Il reste à savoir si les 25 députés résisteront à la pression de la coalition et voteront le texte de loi de l'opposition.
Les alliés d'Angela Merkel, emmenés par Volker Kauder, président du groupe CDU/CSU au Bundestag, ont fait pression sur Ursula von der Leyen et d'autres députés qui se sont exprimés en faveur des quotas de femmes.
Mme von der Leyen, l'une des rares députés de la CDU à défier ouvertement Mme Merkel sur des questions politiques ces dernières années, soutient depuis longtemps les quotas de femmes, mais n'a rien déclaré à propos de son vote de jeudi. Elle est considérée comme la voix essentielle et tous les yeux sont tournés vers elle cette semaine.
« C'est une question très explosive pour la coalition », a déclaré Thomas Jäger, un politologue à l'université de Cologne.
« C'est plutôt remarquable que Mme von der Leyen ait pris autant de risques », a-t-il ajouté. « Ses ambitions sont plus grandes et cela lui portera certainement préjudice au sein de la CDU. Il semble que les conservateurs du parti ont dû encaisser une telle dérive vers la gauche ces dernières années qu'ils tracent une limite. Pas un pouce plus loin ! »