Angela Merkel présente ses lignes rouges en amont du sommet des pays de la zone euro

Les chefs d’Etat et de gouvernement des pays de la zone euro se préparent au sommet de jeudi (21 juillet), qui vise à mettre au point un second plan de sauvetage pour une Grèce surendettée. La chancelière allemande a affirmé vouloir que les investisseurs privés s’engagent clairement à contribuer à un nouveau financement.

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Les chefs d’Etat et de gouvernement des pays de la zone euro se préparent au sommet de jeudi (21 juillet), qui vise à mettre au point un second plan de sauvetage pour une Grèce surendettée. La chancelière allemande a affirmé vouloir que les investisseurs privés s’engagent clairement à contribuer à un nouveau financement.

Vendredi soir (15 juillet), les services de Hermann von Rompuy, président du Conseil européen, ont publié une courte déclaration annonçant que le sommet des pays de la zone euro se tiendrait le 21 juillet à Bruxelles.

L’ordre du jour de ce sommet, qui débutera à midi, sera « la stabilité financière de la zone euro dans son ensemble et le futur financement du plan de sauvetage de la Grèce ».

Le 21 juillet est le jour de la fête nationale en Belgique, et la presse nationale souligne que la police bruxelloise sera fortement mise à l’épreuve par la gestion simultanée de ces deux événements de grande ampleur.

Cette annonce a été faite en partie afin d’apaiser les incertitudes quant à la volonté de l’Europe à agir pour éviter que la crise grecque ne se propage à l’Italie, voire à d’autres pays européens.

Contrairement aux cas précédents toutefois, Hermann von Rompuy a organisé un sommet sans assurer d’accord de principe sur la plus importante question à traiter : comment impliquer le secteur privé dans le nouveau plan.

« J’ai demandé que le travail préparatoire soit effectué entre autres par les ministres des finances », a affirmé M. von Rompuy dans sa déclaration.

Bien qu’elle eût décrit le sommet comme « urgemment nécessaire », la chancelière allemande a affirmé dimanche qu’elle n’y assisterait que si des fonctionnaires de rang inférieur avaient déjà préparé un plan de sauvetage clair. « Je n’irai que s’il y a un résultat en vue », a-t-elle affirmé, citée par Reuters.

Un autre obstacle potentiel à l’implication du secteur privé est la Banque centrale européenne (BCE), qui est opposée à toute mesure qui inciterait les agences de notation à déclarer la Grèce en défaut de paiement, même de manière limitée.

Jean-Claude Trichet, président de la BCE, a déclaré qu’il n’accepterait pas de nantissements de la part d’un pays qui aurait été en défaut de paiement, expliquant que ce serait aux gouvernements de la zone euro de soutenir le système bancaire de ce pays si nécessaire.

Les gouvernements, a-t-il ajouté, étaient prévenus, et ce « sans équivoque et avec tous les moyens ».

Réduction de la dette grecque en vue ?

La Grèce a reçu l’année dernière un plan de sauvetage de 110 milliards d’euros de la part de l’Union européenne et du Fonds monétaire international (voir « Contexte »), mais le pays a maintenant besoin d’un nouveau plan d’ampleur équivalente pour demeurer solvable après 2012.

George Papandreou, le premier ministre grec, a affirmé que les dirigeants européens avaient finalement accepté l’idée de soulager le fardeau de la dette du pays.

« C’est la première fois que l’Europe reconnaît et met sur la table la question d’alléger le fardeau de la dette qui pèse sur les épaules de la population grecque », a-t-il affirmé, cité par le quotidien Kathimerini. « Rien que cela est une avancée positive ».

Si les conclusions du sommet demeurent incertaines, l’idée selon laquelle la Grèce recevrait un prêt de la part du Fonds européen de stabilité financière pour racheter ses obligations au prix du marché et ainsi réduire le poids de sa dette a dominé le débat ces derniers jours.

« Nous en sommes encore à l’étape d’évaluation des meilleures solutions », a affirmé George Papandreou. « Des solutions qui n’occasionneront pas d’effets secondaires ».

Les représentants et les économistes privés estiment que la dette grecque devrait être diminuée de moitié, soit 80 % du produit intérieur brut, pour être gérable.

Olli Rehn appelle à un allongement des maturités des prêts du plan irlandais

Dans le même temps, Olli Rehn, commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, a appelé à allonger les maturités de la dette de l’Irlande et à baisser les taux d’intérêt des prêts qui lui sont accordés.

« L’Irlande a clairement montré que l’approche du soutien financier sous conditions de l’UE et du FMI fonctionne », a écrit Olli Rehn dans un article publié dans le Sunday Business Post.

« Ces efforts devraient être encouragés par un allongement des maturités des prêts et un abaissement des taux d’intérêt ».

Dublin demande un abaissement des taux d’intérêt de ses prêts européens depuis des mois, mais la France s’y oppose, à moins que l’Irlande ne fasse passer son taux d’imposition sur les sociétés à 12,5 %, selon Reuters.

Dublin a refusé de se plier à cette exigence.