Arnaud Montebourg rapatrie le secteur minier dans le giron de l'Etat

Le ministre du redressement productif,  Arnaud Montebourg a annoncé la création d'une Compagnie nationale des mines de France. L’objectif est de sécuriser les approvisionnements en matières premières et d’exporter le savoir-faire français à l’étranger. 

EURACTIV.fr
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Le ministre du redressement productif,  Arnaud Montebourg a annoncé la création d'une Compagnie nationale des mines de France. L’objectif est de sécuriser les approvisionnements en matières premières et d’exporter le savoir-faire français à l’étranger. 

Le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, a donné le coup d’envoi de la relance minière de la France, à l’occasion d’une visite dans la plus grande carrière souterraine de gypse en Europe, située dans le massif de Montmorency dans le Val d’Oise (95).

Lors de son déplacement, le ministre a annoncé officiellement la création d’une compagnie nationale des mines de France (CMF). « Elle devrait constituer la maison mère d’un savoir-faire géologique, de la connaissance des sous-sols, et de l’exploitation des ressources minières » a- il déclaré.

L’objectif affiché est de « réengager la France dans la bataille mondiale, qui est aujourd'hui menée par les États, pour accéder aux ressources naturelles » a-t-il précisé. Mais surtout de reprendre la main sur les ressources minières françaises et sécuriser les approvisionnements.  

Si les contours exacts de la future compagnie nationale restent à définir, son financement reposera à la fois sur l’agence des participations de l’État (APE) et sur le bureau des recherches géologiques minières (BRGM). Ils investiront ensemble entre 200 et 400 millions d’euros sur une période de 5 à 10 ans.

Dans le futur, la compagnie nationale pourrait par ailleurs nouer des partenariats avec le secteur privé. « La compagnie nationale des mines en France pourrait par la suite être rejointe par le capital privé » a concédé Arnaud Montebourg, même si les investissements publics devront demeurer majoritaires au sein de la CMF.

Enjeu stratégique

« La création d’une compagnie nationale des mines en France va nous permettre de maîtriser les prix, les quantités et notre souveraineté. Dans le passé j’ai octroyé un certain nombre de permis minier à des entreprises minières étrangères, car il n’y avait pas de compagnies minières françaises, c’est désormais chose faite » a assuré le ministre du Redressement productif.

Pour la France, l'enjeu est tout autant de sécuriser les importations pour ses grandes industries de transformation que sont la sidérurgie et l'aluminium que d'assurer ses approvisionnements en métaux et terres rares nécessaires aux industries de pointe (téléphonie, micro-processeurs, énergies renouvelables.)

Intérêt de pays étrangers

La future compagnie n’aura pas seulement vocation à opérer sur le territoire français. Le premier chantier évoqué par Arnaud Montebourg est l'exploitation des carrières françaises, puis des ressources de l'or de la Guyane française et du nickel en Nouvelle-Calédonie, l’expertise française en matière d'exploration minière intéresse au-delà des frontières.

De nombreux gouvernements, en Afrique et en Asie centrale, deux régions où le bureau des recherches géologiques minières est déjà présent, ont exprimé leur intérêt pour l’expertise française. La nouvelle compagnie nationale se présentera comme une holding, qui disposera de filiales dans chaque pays où elle opérera pour être à même d'y nouer des alliances avec des intérêts publics.

Par ailleurs, le ministre du Redressement productif a confirmé le projet de réforme du code minier entrepris « avec son collègue et ami Philippe Martin », selon ses mots. Cela permettra la participation de la population aux décisions minières. Il a assuré de l’existence « d’une union nationale autour de l’activité minière ».