Association Nationale des Industries Alimentaires : Restaurer et préserver la compétitivité du secteur des entreprises alimentaires
Les entreprises alimentaires constituent un secteur vital en Europe, pourtant elles ne bénéficient pas d’un budget à la hauteur de leur impact économique, estime l’Association Nationale des Industries Alimentaires. Elle demande ainsi à la France, dans le cadre de la Présidence de l’UE, de soutenir la compétitivité de ce secteur, notamment en favorisant la reherche et l’innovation, en maintenant un budget ambitieux pour la PAC et en soutenant la révision des règles à l’OMC.
Les entreprises alimentaires constituent un secteur vital en Europe, pourtant elles ne bénéficient pas d’un budget à la hauteur de leur impact économique, estime l’Association Nationale des Industries Alimentaires. Elle demande ainsi à la France, dans le cadre de la Présidence de l’UE, de soutenir la compétitivité de ce secteur, notamment en favorisant la reherche et l’innovation, en maintenant un budget ambitieux pour la PAC et en soutenant la révision des règles à l’OMC.
Diagnostic :
La présidence française du second semestre 2008 constitue pour notre pays une opportunité de confirmer son retour au premier plan de la scène européenne. La France va à ce titre jouer un rôle important d’impulsion de l’agenda politique européen et de représentation de l’Union européenne dans le monde.
L’ANIA, porte parole des entreprises de l’alimentaire tient à cette occasion à rappeler les priorités d’un secteur vital qui fournit aux 480 millions de consommateurs européen une large gamme de produits alimentaires de haute qualité.
La préservation et restauration de la compétitivité de ce secteur doit être un des axes soutenus par l’Union européenne dans le prolongement de l’Agenda de Lisbonne qui vise à faire de l’Union européenne une zone d’excellence et de croissance.
Le secteur des industries alimentaires représente en France, comme dans toute l’Union européenne le 1er secteur industriel avec un rôle déterminant dans la création de richesses et la préservation de l’emploi et notamment dans les territoires ruraux de l’Union européenne, grâce à un tissu dense de petites et moyennes entreprises réparties sur tout le territoire[1]. Un des piliers de la compétitivité des entreprises résident dans leur capacité à innover. Une condition sine qua non de leur survie, et par là même du maintien de l’aménagement du territoire. C’est d’ailleurs une des conclusions du rapport de la Direction générale des entreprises à Bruxelles sur la compétitivité du secteur. Or, les aides de l’Europe allouées à l’innovation en agroalimentaire sont moindres au regard d’autres secteurs industriels tels que la chimie, l’énergie… L’agroalimentaire, un des tous premiers secteurs générateurs d’emploi, mérite de bénéficier de budgets plus ambitieux, en rapport avec la taille et l’impact économique du secteur.
Par ailleurs, le modèle alimentaire européen qui repose sur la diversité des cultures et des gastronomies des différents membres qui la composent est une source d’attractivité et de rayonnement important de l’Union européenne dans le monde.
Les valeurs de diversité alimentaire, de convivialité, de plaisir inhérentes au modèle alimentaire français sont essentielles à l’équilibre alimentaire. La France doit les promouvoir dans le cadre des actions de prévention de l’obésité, véritable enjeu de santé publique européen. Les démarches partenariales de tous les acteurs concernés , indispensables à l’efficacité des politiques de prévention, menées en France et reprises dans la plateforme Européenne et le livre blanc de la Commission doivent continuer à être portées très fortement notamment sur les axes d’éducation et de recherche
Pour autant, une concurrence internationale toujours plus vive et une forte concentration du secteur de la distribution sont autant de freins à la compétitivité de ce secteur, dont le très grand morcellement constitue un facteur aggravant.
Pour renforcer la compétitivité de ce secteur, la Commission européenne a annoncé un Plan d’action en faveur des IAA pour 2008. L’ANIA souhaite que la France soutienne activement ce Plan d’actions qui est annoncé.
Ce plan devrait s’articuler autour de 4 axes forts :
- Renforcer l’innovation et la recherche au travers d’un budget ambitieux pour ce secteur
- Permettre un accès à des matières premières agricoles compétitives produites selon des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement
- Simplifier et améliorer l’environnement législatif
- Renforcer la performance à l’international de nos entreprises
Sur un plan budgétaire et alors que les débats au sein de l’Union européenne vont être relancés pour déterminer le budget 2013-2020, il nous semble important de rappeler qu’il est vital pour l’Union européenne de maintenir un budget ambitieux pour la Politique Agricole Commune (PAC) compte tenu de l’ampleur des enjeux à relever. Le budget dédié aux actions et outils de gestion et régulation des marchés doivent être préservés afin de permettre une véritable gestion communautaire des marchés, éviter les crises et les distorsions de concurrence au sein de l’Union européenne.
Pour finir, si l’Union européenne doit poursuivre dans la recherche d’un modèle de développement de société auquel les citoyens européens sont attachés, cette recherche de l’excellence, source de coûts supplémentaires pour nos entreprises, ne doit pas se faire au détriment de leur compétitivité sur la scène internationale.
Les règles de l’OMC doivent être revues et l’Union européenne doit devenir leader pour demander un réexamen des règles de gouvernance de l’OMC et des principes directeurs à l’OMC.
Le mandat de l’OMC doit évoluer dans la recherche d’une régulation du commerce international qui intègre de nouveaux facteurs indispensables à l’obtention d’une croissance et d’un développement durable pour l’ensemble des acteurs du commerce international
Or tous ces facteurs sont aujourd’hui totalement ignorés : les préoccupations environnementales, les questions sociales et le respect des droits des travailleurs, l’exploitation des enfants, la sécurité et la souveraineté alimentaire
[1]Avec un chiffre d’affaires de 836 milliard d’€, les industries alimentaires européennes emploient 3,8 millions de salariés dans l’Union européenne.