Au Parlement européen, Fillon éclate la droite française
Si certains eurodéputés LR soutiennent encore François Fillon, une majorité a tourné la page, dont le poids-lourd Alain Lamassoure.
Si certains eurodéputés LR soutiennent encore François Fillon, beaucoup ont fait défection. Dont le poids-lourd Alain Lamassoure.
Les eurodéputés de la famille Les Républicains avancent en ordre dispersé sur l’affaire Fillon, à l’image du reste des hommes et femmes politiques de droite .
Après l’annonce de la probable mise en examen du candidat de la droite et du centre à l’élection présidentielle, une partie des députés européens membre des Républicains a décidé de retirer son soutien au candidat officiel de leur parti.
Rappelant, « le formidable succès populaire de la primaire de la Droite et du Centre », Arnaud Danjean, Françoise Grossetête, Alain Lamassoure, Renaud Muselier et Tokia Saïfi ont rappelé avoir « fait le choix de soutenir sans réserve le candidat qui en a été issu ».
Mais l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy, grand vainqueur de la primaire de la Droite et du Centre, a été rattrapé par l’affaire des emplois présumés fictifs dont ont bénéficié certains membres de sa famille.
« La succession des révélations sur sa situation personnelle et ses propres réactions contradictoires ont rendu François Fillon complètement inaudible sur les problèmes de la France. Elles font douter fortement de sa capacité personnelle à convaincre les Français de faire les efforts indispensables au redressement de notre pays », expliquent les cinq eurodéputés.
« Nous nous retirons donc de la campagne de François Fillon et espérons que notre mouvement saura désigner rapidement un candidat capable de faire gagner les valeurs de la Droite et du Centre. », conclut le communiqué.
Le candidat qui doit être mis en examen a en effet vu ces derniers jours les défections se multiplier autour de lui. Les centristes de l’UDI lui ont retiré leur soutien, ainsi qu’un certain nombre d’élu et de poids lourds du parti, à l’image de Bruno Le Maire, qui était en charge des Affaires européennes dans sa campagne.
Fragilisé, le candidat a toutefois réussi à arrêter l’hémorragie le 6 mars, à la faveur d’un comité politique organisé par Les Républicains. En l’absence de plan B après qu’Alain Juppé, arrivé deuxième à la primaire, ait définitivement écarté toute candidature de remplacement, les membres du comité politique lui ont renouvelé à l’unanimité leur soutien.
Au sein de la délégation française au Parlement européen, certains élus ont à l’inverse continué à soutenir François Fillon aux cours des derniers jours. C’est le cas de la filloniste Élisabeth Morin-Chartier, qui a renouvelé son soutien à la candidature de François Fillon, en amont de la réunion du comité politique.
Ma réaction à la situation de la Droite et du Centre #Presidentielle2017 pic.twitter.com/4g9EU4LYmr
— Morin-Chartier (@emorinchartier) March 6, 2017
Et puis il y a les incertains, comme Nadine Morano, qui s’opposent à une candidature d’Alain Juppé, mais veulent voir François Fillon se retirer de la campagne, après l’avoir soutenu. L’eurodéputé évoque même une candidature de François Baroin.
"J'appelle les élus à apporter leur parrainage @francoisbaroin. @FrancoisFillon possède déjà les siens et nous avons besoin d'une assurance"
— Nadine Morano (@nadine__morano) March 6, 2017
Enfin, du côté des soutiens de Nicolas Sarkozy, comme Brice Hortefeux ou Philippe Juvin, la candidature de François Fillon demeure la solution la plus évidente.
+ 80 députés sénateurs députés européens sarkozystes réunis. La ligne politique est désormais celle de @FrancoisFillon + @NicolasSarkozy pic.twitter.com/FBfKdEa61z
— 🇫🇷 🇪🇺 Pr Philippe Juvin MD PhD (@philippejuvin) March 7, 2017