Barnier exhorte les Américains à cesser de "dénigrer la France"
Abandonnant le langage diplomatique, le ministre français des affaires étrangères Michel Barnier appelle les Américains à cesser de dénigrer la France et à oeuvrer à un renforcement des relations transatlantiques.
Abandonnant le langage diplomatique, le ministre
français des affaires étrangères Michel
Barnier appelle les Américains à cesser de
dénigrer la France et à oeuvrer à un
renforcement des relations transatlantiques.
Dans une tribune publiée par le Wall Street
Journal ce lundi 8 novembre, le ministre français
des affaires étrangères Michel Barnier adresse
un appel à l’opinion publique
américaine en faveur d’un renforcement
de la coopération politique entre les Etats-Unis
d’une part, la France et l’Europe d’autre
part. « Je vous écris en tant qu’ami de
l’Amérique », insiste M. Barnier,
avant de mettre l’accent sur « toutes les choses
qui unissent » la France et les Etats-Unis, deux pays
dont « les destinées sont inextricablement
liées ».
« Je suis préoccupé lorsque je vois tant
les Américains que les Européens exprimer des
doutes sur l’avenir des relations transatlantiques,
et je suis inquiet de voir que l’Europe est mal
comprise, voire méprisée, aux Etats-Unis »,
écrit le ministre français. Plutôt que de
continuer à entretenir une relation dans laquelle
« les clichés les plus trompeurs masquent les
vérités les plus évidentes »,
Français et Américains devraient
reconnaître qu’ils « partagent des
intérêts communs sur tous les plans », et
qu’il leur faudrait en conséquence
« développer des ambitions communes ».
« L’Amérique a besoin d’une Europe
efficace et responsable. Et l’Europe a besoin
d’une Amérique forte, s’impliquant dans les
affaires du monde », souligne encore M. Barnier. La
tribune de Michel Barnier paraît moins d’une
semaine après la réélection de George W.
Bush, et dans le contexte de désaccords profonds et
persistants entre Français et Américains au
sujet de l’Irak. L’opinion publique
française s’était massivement
prononcée en faveur de la candidature de John Kerry,
après avoir exprimé sa ferme opposition à
l’intervention américaine en Irak.
Ayant relevé les principaux points de
désaccord entre Paris et Washington, Barnier propose
la création « immédiate d’un groupe de
haut niveau, formé de personnalités
indépendantes et respectées issues des deux
côtés de l’Atlantique, devant
réfléchir aux moyens d’approfondir notre
coopération politique ».