Barroso se donne moins d'un mois pour former une nouvelle Commission
Avec le report de l'entrée en fonctions de la nouvelle Commission, l'UE vient de pénétrer en territoire inconnu. José Manuel Barroso a indiqué qu'il voulait limiter les changements aux Commissaires posant des "problèmes", mais la nature exacte du futur remaniement demeure incertaine.
Avec le report de l’entrée en fonctions de la
nouvelle Commission, l’UE vient de
pénétrer en territoire inconnu. José
Manuel Barroso a indiqué qu’il voulait limiter les
changements aux Commissaires posant des
« problèmes », mais la nature exacte
du futur remaniement demeure incertaine.
José Manuel Barroso a exclu l’hypothèse
d’un remaniement de grande ampleur de son
équipe, et annoncé que la nouvelle composition
de la future Commission serait connue dans moins d’un
mois. Les modifications devant
être apportées à la première
mouture de la Commission Barroso feront très
certainement l’objet d’intenses discussions
lors de la réunion des chefs d’Etat et de
gouvernement de l’UE, le 29 octobre à
Rome, à l’occasion de la
cérémonie de signature de la nouvelle
Constitution européenne. Cette signature est à
présent éclipsée par le retrait de
dernière minute de la Commission Barroso.
Interrogé sur l’ampleur des remaniements
à attendre, l’ancien premier ministre portugais
a déclaré à la radio française Europe
1 : « Il n’y aura pas un remaniement extensif. Ce
sera quelque chose de très limité, en moins
d’un mois j’espère. Il y aura des changement
ponctuels ». M. Barroso a indiqué qu’il ne
procèderait qu’à des changements
réellement nécessaires, portant sur moins de
huit personnes. « J’entends exercer mon
autorité parce que je ne peux pas accepter un
commissaire, qui, je suis sûr, aura des
problèmes au Parlement européen », a-t-il
encore souligné dans cet entretien.
Le candidat le plus controversé demeure Rocco
Buttiglione, dont les opinions conservatrices sur les
homosexuels et les femmes ont suscité une
réaction très ferme du Parlement. Barroso doit
maintenant se tourner vers le premier ministre italien
Silvio Berlusconi pour obtenir le nom d’un possible
remplaçant de M. Buttiglione. Officiellement, la
candidature de ce dernier est toujours soutenue par Rome,
mais la presse italienne rapporte que Silvio Berlusconi
serait ouvert à d’éventuelles
négociations pour peu que le Commissaire
désigné italien ne soit pas la seule victime du
prochain remaniement.
Le Parlement européen a également
émis des doutes sur les candidatures de la
Néerlandaise Neelie Kroes (Commissaire
désignée à la concurrence), du
Hongrois László Kovács (qui s’est
vu confier le portefeuille de l’énergie),
de la Lettone Ingrida Udre (fiscalité), de la
Danoise Mariann Fischer Boel (agriculture) et
du Grec Stavros Dimas (environnement).
La crédibilité de José
Manuel Barroso, ainsi que celle de la nouvelle
Commission dans son ensemble, pourraient être
gravement affectées si la crise actuelle
n’était pas résolue dans les meilleurs
délais. De nouvelles auditions
au Parlement ne seraient organisées que
pour d’éventuels nouveaux venus, et non pour les
cas d’échange de portefeuilles entre membres de
la « première » Commission
Barroso.