Bruno Le Maire nommé secrétaire d’État aux Affaires européennes
Nicolas Sarkozy a confirmé, vendredi 12 décembre à l’issue du Conseil européen, la rumeur qui persiste depuis plusieurs semaines, en nommant le député de l’Eure, Bruno Le Maire, villepiniste de longue date, comme successeur de Jean-Pierre Jouyet.
Nicolas Sarkozy a confirmé, vendredi 12 décembre à l’issue du Conseil européen, la rumeur qui persiste depuis plusieurs semaines, en nommant le député de l’Eure, Bruno Le Maire, villepiniste de longue date, comme successeur de Jean-Pierre Jouyet.
«La politique est un désert où l’âme se dessèche à petit feu. La politique internationale, un désert fourmillant de bruits, d’informations, de plans, de mensonges et de secrets.» La phrase est de Bruno Le Maire, dans son livre Le Ministre, écrit en 2004 à la suite de son passage aux Affaires étrangères, dans le cabinet de Dominique de Villepin. L’homme vient d’être nommé secrétaire d’État aux Affaires européennes.
Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a confirmé la nouvelle à l’issue du Conseil européen, choisissant de nommer un «homme jeune, talentueux, compétent». Depuis plusieurs semaines, la rumeur de cette nomination était plus qu’insistante. Depuis le 7 décembre, elle est devenue un secret de polichinelle. C’est ce jour-là que la secrétaire d’État aux droits de l’homme, Rama Yade, un temps pressentie pour le poste, a, sur RTL, exclu de prendre la tête de la liste UMP d’Île-de-France pour les élections européennes, provoquant sa disgrâce immédiate par l’Elysée.
Trilingue
Le 10 décembre, à l’Assemblée nationale, au cours du traditionnel débat sur la préparation du Conseil européen, l’ancien secrétaire d’État aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, s’est adressé en ces termes à son successeur : «Je ne sais pas où vous serez, mais la connaissance que vous avez de la langue allemande sera déterminante là où vous serez.» Quelques minutes auparavant, Bruno Le Maire, qui maîtrise parfaitement l’anglais et l’allemand, s’était exprimé à la tribune de l’hémicycle au nom du groupe UMP.
«Dans cette crise, l’Union européenne a un rôle fondamental à jouer : elle doit être un des pôles capables d’instaurer de nouvelles normes pour mieux réguler le capitalisme et éviter une déflagration comme celle d’aujourd’hui», estimait-il dans une interview publiée fin septembre par l’Express.
Villepiniste de longue date
A 39 ans, ce normalien né à Neuilly, ancien élève de l’Ena – où il côtoya notamment l’ancien porte-parole de l’Elysée David Martinon – agrégé de lettres, il entre à la direction des Affaires stratégiques, de Sécurité et du Désarmement du ministère des Affaires étrangères. Villepiniste de longue date, il collabore avec l’ancien premier ministre à la fin des années 90, Dominique de Villepin étant alors secrétaire général de l’Elysée. Puis, en 2002, il le suit au Quai d’Orsay et se trouve plongé dans l’épisode irakien.
En 2004, il part avec son mentor, «qui a la grandeur de la France chevillée au corps», écrit-il, au ministère de l’Intérieur, avant d’atterrir à Matignon un an plus tard. Après le départ de Pierre Mongin, nommé à la tête de la RATP en mai 2006, il est nommé directeur de cabinet du premier ministre. En fonction au moment de la campagne référendaire, il assiste avec le gouvernement au retournement de l’opinion publique française et au non au référendum du 29 mai 2005 sur le projet de constitution européenne.
Aujourd’hui, Dominique de Villepin et Bruno Lemaire ne se parlent plus. Les mesures de contrôle judiciaire à l’encontre de l’ancien premier ministre dans le cadre de l’affaire Clearstream prévoient en effet une interdiction d’entrer en contact avec Bruno Le Maire. En juin 2007, avec le soutien de Nicolas Sarkozy, il est élu député de la première circonscription de l’Eure, succédant à un Jean-Louis Debré parti pour le Conseil constitutionnel.
Avec la nomination de ce nouveau membre du gouvernement, la période qui s’ouvre est cruciale. Six mois séparent en effet la fin de la Présidence française de l’UE des élections européennes. Dès mardi, il ira sur le terrain, à Strasbourg, pour la dernière session plénière de la présidence française.