Cahuzac : la presse internationale souligne l'effet dévastateur pour Hollande
La presse belge salue le travail de Médiapart quand le Financial times pointe le profit pour les partis extrêmes du mensonge de l'ancien ministre du Budget.
La presse belge salue le travail de Médiapart quand le Financial times pointe le profit pour les partis extrêmes du mensonge de l’ancien ministre du Budget.
En Allemagne, le quotidien Die Welt titre sur un mensonge qui « couvre de honte » le président français François Hollande.
Pour le gouvernement socialiste qui s’était engagé à gouverner en respectant la plus grande moralité, « l’affaire cahuzac est une énorme débâcle en termes de crédibilité », poursuit Sascha Lehnartz.
Le pouvoir doit être assorti de contre-pouvoirs
Dans son édito publié par le quotidien belge Le Soir, Béatrice Delvaux loue le travail du journal Médiapart qui a révélé toute l’affaire et subit depuis plusieurs mois les foudres de la classe politique comme d’autres médias.
« Aujourd’hui, on ne peut que blâmer cet homme politique qui se réfugie, comme un enfant, derrière une lamentable « spirale du mensonge ». Mais on a surtout très envie de louer ce bastion du journalisme, Mediapart, qui, comme le dit son cofondateur et président, Edwy Plenel, a ‘simplement fait son travail’ « , écrit Béatrice Delvaux dans son édito publié par le quotidien belge Le Soir.
« Ce que cette affaire nous rappelle, c’est, non pas que le mensonge est lié à l’exercice du pouvoir – quoi de neuf, en fait ? –, mais que le pouvoir exécutif ne peut exister qu’assorti des contre-pouvoirs que sont la presse et la justice », poursuit l’éditorialiste.
« Bas les masques »
« Bas les masques », lance le Financial Times, pour qui l’affaire profite avant tout au Front national, détracteur des « deux principaux partis politiques » l’UMP et le PS, décrits comme « aussi corrompus l’un que l’autre. »
Toujours outre-Manche, le quotidien de centre gauche, The Independent, voit un parallèle entre l’affaire Cahuzac et celle qui a touché l’ancien ministre britannique de l’Environnement, Chris Huhne, dont la carrière politique a été stoppée net en 2012 après avoir menti à la justice.
Le libéral britannique a finalement été mis sous les verrous, mais les faits qui lui sont reprochés – un excès de vitesse – sont sans commune mesure avec le blanchiment de fraude fiscale imputé à Jérôme Cahuzac.
Un lien unirait cependant les deux hommes : le premier a été « lâché » par sa femme qui ne voulait plus couvrir les mensonges de son mari quand les révélations sur l’ex-hôte de Bercy « peuvent être liées à un mariage conflictuel avec Patricia Cahuzac », écrit le quotidien.
The Times rappelle la coïncidence peu heureuse des faits : « La confession-choc est d’autant plus dommageable pour M.Hollande que le même jour, un sénateur socialiste a été interrogé à Marseille dans le cadre d’une enquête sur des détournements de fonds publics. »
« Spectaculaire retournement de situation »
Particulièrement concernée, la presse suisse apporte un complément d’information sur les démêlés judiciaires. « Ce spectaculaire retournement de situation est intervenu peu de temps après que les avocats de Jérôme Cahuzac ont eu accès aux résultats des investigations menées à Genève », rapporte le Temps.
« Saisi d’une demande d’entraide pénale internationale adressée par le parquet de Paris le 12 mars, le Ministère public genevois a mené des perquisitions chez UBS et auprès de la société Reyl et Cie, attestant l’existence du compte. ‘Les banques ont coopéré, elles ne sont pas incriminées, puisqu’elles n’ont rien fait de pénalement répréhensible. Elles ont simplement répondu à nos demandes et nous avons trouvé ce que nous cherchions’ « , explique le procureur genevois dans les colonnes du journal.
« Bon fonctionnement de la démocratie »
En Espagne, la démission du ministre le 19 mars avait été saluée par la presse comme un témoinagne du bon fonctionnement de la démocratie. Les aveux publics renforcent ce sentiment dans un pays peu habitué aux actes de contrition des hommes politiques, comme le souligne le correspondant d’Europe1, Henry de Laguérie sur son compte twitter.
En Espagne, un ministre ne démissionne pas et n’avoue strictement jamais ses torts. Paradoxalement, le geste de Cahuzac est donc salué ici !
— Henry de Laguérie (@henrydelaguerie) 3 avril 2013