Cécilia Malmström fait le point sur la future Présidence suédoise de l’UE
Le « trio présidentiel », qui réunit les trois prochaines Présidences de l’UE (la France, la République tchèque et la Suède), travaille encore sur son programme. En visite à Paris, la ministre suédoise des Affaires européennes, Cécilia Malmström, a révélé les priorités de la Présidence suédoise de l’UE, qui se déroulera au second semestre 2009.
Le « trio présidentiel », qui réunit les trois prochaines Présidences de l’UE (la France, la République tchèque et la Suède), travaille encore sur son programme. En visite à Paris, la ministre suédoise des Affaires européennes, Cécilia Malmström, a révélé les priorités de la Présidence suédoise de l’UE, qui se déroulera au second semestre 2009.
Les discussions sur le programme des trois prochaines présidences de l’UE se poursuivent. Le document final devrait être présenté en juin prochain, à la veille de la Présidence française de l’UE (PFUE), a précisé C. Malmström au cours d’une rencontre avec des élèves de Sciences Po Paris, lundi 21 avril.
Se concentrer sur les points d’accord
« Nous nous concentrons sur les grands sujets sur lesquels nous sommes d’accord » a indiqué la ministre. Si les trois États « sont plus ou moins d’accord sur les grandes priorités », ils ne partagent en effet pas le même point de vue sur tous les dossiers, loin de là.
L’adhésion de la Turquie à l’UE, à laquelle la Suède est favorable, ainsi que la conception du libre échange, plus « ouverte » en Suède, comptent notamment parmi les points de friction entre Français et Suédois.
Dans le même registre, alors que la France est très attachée à la politique agricole commune, la Suède ne souhaite plus que l’UE y consacre plus de 40% de son budget. Ce dossier est particulièrement important dès lors que les débats sur le budget pour l’après-2013 se tiendront notamment pendant la Présidence suédoise, au deuxième semestre 2009. « Nous voulons renforcer le budget, et le rendre plus moderne », a déclaré la ministre.
Elle a également précisé les priorités de la Présidence suédoise de l’UE.
Le climat, l’environnement et l’énergie
Parvenir à un accord post-Kyoto, lors de la conférence mondiale de Copenhague « est vraiment notre plus grande priorité », a indiqué C. Malmström.
A cet égard, elle s’est réjouie du « rôle de leader » de l’UE dans la lutte contre le réchauffement climatique. « Nous devons être unis pour convaincre les autres acteurs tels que les États-Unis ou la Chine ».
La ministre suédoise considère ainsi que le paquet « énergie-climat », présenté par la Commission en janvier dernier, est un élément essentiel de cette politique. « L’UE doit se donner des objectifs contraignants pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et développer une politique écologique de l’énergie ». (Lire le dossier d’EURACTIV.fr sur le paquet « énergie-climat »)
L’emploi, la compétitivité et la croissance
Ils seront au cœur des travaux de la Présidence suédoise, la stratégie de Lisbonne touchant à sa fin en 2010. Bien qu’il « soit encore un peu tôt pour dire quels seront les nouveaux objectifs et moyens » pour améliorer la croissance, la compétitivité et l’emploi en Europe, la Suède estime qu’il est important « de dire oui au libre échange et à l’ouverture ». A noter qu’un rapport piloté par l’avocat français Laurent Cohen-Tanugi, qui propose une réflexion sur la stratégie de Lisbonne post 2010, a été remis la semaine dernière à la ministre de l’Économie, Christine Lagarde. Il devrait contribuer à la réflexion sur ce sujet.
Pour une Europe plus sûre et plus ouverte
La lutte contre la criminalité et l’immigration est cruciale, tant pour la Présidence française que pour la Présidence suédoise (lire le dossier d’EURACTIV.fr « les priorités de la Présidence française). C. Malmström a notamment souligné l’importance « du déficit démographique qui rend nécessaire une immigration des travailleurs. »
La mer Baltique et l’élargissement
Faire progresser l’engagement de l’UE concernant la mer Baltique pour relever les défis transnationaux tels que la menace environnementale est également l’une des priorités de la future Présidence suédoise.
Si C. Malmström juge que « l’Union pour la Méditerranée, prônée par Nicolas Sarkozy, est une excellente idée, dans l’intérêt de tous », elle demande à ce que les autres États s’intéressent aussi à la région de la mer Baltique.
Enfin, s’agissant de l’élargissement, qui « est un des plus grands succès de l’UE », la Présidence suédoise entend étudier les candidatures et faire progresser les négociations, notamment avec la Croatie.