Certains États membres demandent une coopération accrue entre l’UE et les Balkans en matière de politique étrangère
Les représentants des Balkans occidentaux devraient rencontrer leurs homologues de l’UE plus régulièrement pour s’aligner progressivement sur la politique étrangère et de sécurité de l’Union, a indiqué un groupe d’États membres dans un document consulté par Euractiv.
Les représentants des Balkans occidentaux devraient rencontrer leurs homologues de l’UE plus régulièrement pour s’aligner progressivement sur la politique étrangère et de sécurité de l’Union, a indiqué un groupe d’États membres dans un document informel consacré à une coopération plus approfondie avec la région, dont Euractiv a pu prendre connaissance.
« Nous appelons les institutions de l’UE à présenter un agenda clair visant à une intégration progressive et accélérée, comprenant des étapes concrètes de mise en œuvre jusqu’en 2024 et au-delà », ont écrit l’Autriche, la Croatie, la République tchèque, la Grèce, l’Italie, la Slovaquie et la Slovénie dans le document qu’ils ont fait circuler avant une réunion ministérielle conjointe avec les six pays des Balkans occidentaux à Bruxelles.
Le document de discussion avait été proposé par l’Autriche, fervente partisane de l’élargissement aux Balkans occidentaux qui avait lancé le groupe des « Amis des Balkans occidentaux » au début de l’été.
« Le renforcement de la coopération nous permettrait d’être plus efficaces face aux pressions extérieures et de lutter contre les discours russes et autres récits néfastes dans la région car ils sont incompatibles avec les valeurs de l’UE et avec la réalisation d’un ordre international fondé sur des règles », peut-on lire dans le document officieux.
La région des Balkans étant confrontée à l’ingérence étrangère, à la désinformation et à l’immigration clandestine, les ministres de l’UE soulignent la nécessité d’« établir un échange plus régulier et plus structuré avec nos partenaires, conformément aux procédures et aux politiques établies de l’UE ».
Les ministres des Balkans occidentaux seraient ainsi invités à participer aux réunions formelles et informelles du Conseil des affaires étrangères de l’UE « au moins une fois par semestre » et les ambassadeurs de ces pays à participer à des réunions informelles avec leurs homologues du Comité politique et de sécurité (COPS) « sur des sujets d’intérêt commun, au moins une fois par semestre ».
L’alignement des pays candidats à l’adhésion à l’UE sur la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) est l’une des conditions préalables à l’adhésion à l’Union.
Selon le document, le Service européen pour l’action extérieure (SEAE), pourrait en outre « fournir des lignes à suivre (Lines to Take, LTT) sur mesure et sur demande » aux ministres des Balkans occidentaux avant les réunions avec les pays tiers, et ce afin d’aligner les positions sur celles de l’UE.
L’effort d’alignement accru s’accompagnerait également de « visites plus régulières et coordonnées » dans la région au nom du chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, et d’échanges plus réguliers pour les diplomates et les fonctionnaires civils.
Le document de réflexion a été publié juste avant que les ministres des Affaires étrangères de l’UE ne rencontrent leurs homologues d’Albanie, de Bosnie-Herzégovine, du Kosovo, du Monténégro, de Macédoine du Nord et de Serbie ce lundi (13 novembre) et ne discutent des prochaines étapes de leur alignement sur la politique étrangère et de sécurité de l’UE.
L’idée semble avoir été largement soutenue dans la région, certains des six pays des Balkans occidentaux ayant soulevé la question dans la sphère publique et privée au cours de l’année dernière.
Certains ministres des Balkans occidentaux avaient déjà plaidé en faveur d’une intégration progressive de la région dans l’UE — avec un accès au marché unique et dans divers domaines politiques tels que l’énergie ou les transports — avant l’adhésion réelle.
« Nous organiserons une réunion séparée avec les ministres des Affaires étrangères des Balkans occidentaux afin de souligner l’importance de cette région, de discuter des récentes propositions de la Commission [européenne] en matière d’élargissement et d’insister sur la nécessité de suivre de plus près notre politique étrangère », a déclaré Josep Borrell à la veille de la réunion.
« Certains pays n’ont pas un bilan exemplaire en ce qui concerne l’alignement sur notre politique étrangère et nos sanctions », a-t-il ajouté.
Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie et l’imposition par l’UE de 11 paquets de sanctions économiques à l’encontre de Moscou, des pays comme la Serbie et la Turquie ont jusqu’à présent refusé de s’aligner pleinement sur la politique de l’Union.
Cette réunion ministérielle UE-Balkans occidentaux intervient une semaine après la publication par la Commission européenne de ses rapports annuels sur les progrès de l’élargissement, et quelques semaines avant que les dirigeants européens ne rencontrent leurs homologues de la région lors d’un sommet UE-Balkans occidentaux à la mi-décembre.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]